Axel Ganz, le célèbre patron de presse d'origine allemande qui a fondé le groupe Prisma et lancé des magazines devenus des références en France, est mort à l'âge de 88 ans. Sa famille a annoncé la nouvelle mercredi 22 juillet, sans préciser les circonstances du décès. Né en Allemagne, Ganz a marqué durablement le paysage médiatique français en créant des titres qui ont su conquérir un large public, parmi lesquels « Voici », « Geo », « Femme Actuelle » et « Capital ».
Arrivé en France dans les années 1970, Axel Ganz a bâti un empire de presse à partir de rien. Il a fondé le groupe Prisma, qui est devenu l'un des principaux acteurs de la presse magazine dans l'Hexagone. Son parcours illustre une réussite entrepreneuriale rare dans un secteur souvent marqué par les difficultés. Sous sa direction, Prisma a su innover en proposant des concepts éditoriaux adaptés aux attentes des lecteurs français, mêlant information, divertissement et services pratiques.
Parmi ses créations les plus marquantes, « Voici », lancé en 1987, a révolutionné la presse people en France en adoptant un ton décalé et des reportages exclusifs sur les célébrités. Le magazine a rapidement conquis un lectorat fidèle et est devenu une référence incontournable du genre. De son côté, « Geo », lancé en 1979, a ouvert une fenêtre sur le monde avec ses photographies spectaculaires et ses reportages de qualité, s'imposant comme un titre de référence pour les amateurs de voyages et de découvertes.
« Femme Actuelle », créé en 1984, a su toucher un public féminin large en abordant des thèmes variés allant de la mode à la santé, en passant par la cuisine et l'actualité. Ce magazine hebdomadaire est devenu l'un des plus lus en France, avec une diffusion qui a dépassé le million d'exemplaires à son apogée. Quant à « Capital », lancé en 1991, il a démocratisé l'information économique et financière en la rendant accessible au grand public, avec des enquêtes fouillées et des classements qui ont fait autorité.
La carrière d'Axel Ganz ne s'est pas limitée à ces seuls titres. Il a également supervisé le lancement de « Prima », « Ça m'intéresse » et « National Geographic » en France, contribuant à diversifier l'offre éditoriale du groupe. Son sens aigu du marché et sa capacité à anticiper les tendances ont fait de lui une figure respectée, mais aussi parfois controversée, dans le monde de la presse. Certains critiques lui ont reproché une approche trop commerciale, mais ses résultats parlent d'eux-mêmes: Prisma est devenu un groupe florissant, employant des milliers de personnes.
Au-delà de ses succès en France, Axel Ganz a également joué un rôle important dans le développement de la presse magazine en Europe. Il a notamment participé à l'expansion de Prisma dans d'autres pays, comme l'Espagne et l'Italie, où des versions locales de ses titres ont été lancées. Son influence s'est étendue bien au-delà des frontières françaises, faisant de lui un acteur clé du paysage médiatique international.
La disparition d'Axel Ganz suscite une vague d'hommages dans le monde de la presse et au-delà. De nombreux journalistes et responsables de médias saluent sa vision et son audace, rappelant qu'il a su créer des magazines qui ont marqué des générations de lecteurs. « Il était un pionnier, un bâtisseur qui a transformé la presse magazine en France », a déclaré un ancien collaborateur. « Sa passion pour l'information et son exigence de qualité resteront une source d'inspiration. »
Le groupe Prisma, aujourd'hui dirigé par d'autres mains, continue de publier la plupart des titres créés par Ganz, témoignant de la solidité de son héritage. « Voici », « Geo », « Femme Actuelle » et « Capital » restent des marques fortes, même si le secteur de la presse a connu de profondes mutations avec l'avènement du numérique. La capacité de Ganz à anticiper les évolutions du marché et à s'adapter aux nouveaux modes de consommation de l'information a été l'une des clés de sa réussite.
Axel Ganz laisse derrière lui une œuvre considérable, qui a façonné le paysage médiatique français pendant plus de quatre décennies. Son nom restera associé à une époque où la presse magazine était reine, et où un homme seul pouvait, par sa détermination et son talent, changer la donne. Les lecteurs de ses magazines, nombreux à travers le monde, lui doivent des heures de lecture et de découverte. Sa mort marque la fin d'une ère, mais son héritage perdurera à travers les pages de ses créations.



