L’Iran a procédé, mardi, à l’exécution de deux hommes condamnés pour leur participation aux manifestations antigouvernementales qui ont secoué le pays au début de l’année. Ces exécutions marquent un durcissement de la répression, alors que les tensions internationales autour du programme nucléaire iranien semblent momentanément s’apaiser.
Selon les informations relayées dans la presse, les deux hommes avaient été reconnus coupables d’avoir pris part aux rassemblements de contestation qui ont éclaté en janvier dernier, dans plusieurs grandes villes iraniennes. Ces manifestations, dirigées contre le régime des mollahs, avaient été violemment réprimées par les forces de l’ordre, faisant plusieurs morts et des centaines d’arrestations. Les condamnations à mort, prononcées par des tribunaux révolutionnaires, ont été confirmées après un processus judiciaire expéditif, dénoncé par les organisations de défense des droits humains.
Cette nouvelle exécution intervient dans un contexte de reflux des menaces extérieures pesant sur l’Iran. Comme le soulignent les observateurs, « dès que l’ombre de la guerre se dissipe, la répression se fait plus brutale ». En effet, après des mois de tensions avec les puissances occidentales sur le dossier nucléaire et les relations avec Israël, les pourparlers diplomatiques récents ont permis une certaine détente. C’est précisément dans ce répit que le régime iranien semble vouloir consolider son emprise intérieure, en frappant durement les opposants.
Les exécutions de masse lors des mouvements de contestation ne sont pas nouvelles en Iran. Depuis la révolution islamique de 1979, les autorités ont régulièrement eu recours à la peine de mort pour étouffer les voix dissidentes. Lors des soulèvements de 2019 et 2022, des centaines de manifestants ont été exécutés après des procès souvent opaques. Les deux hommes exécutés ce mardi portent à plusieurs dizaines le nombre de condamnés à mort dans le cadre des manifestations de 2026, selon les estimations d’organismes de surveillance.
La communauté internationale a réagi avec indignation. Plusieurs gouvernements et ONG ont condamné ces exécutions, rappelant que la peine de mort ne saurait être un outil de répression politique. Les États-Unis et l’Union européenne ont appelé Téhéran à cesser immédiatement ces pratiques et à respecter les droits fondamentaux. Toutefois, ces condamnations n’ont jusqu’à présent pas eu d’effet dissuasif sur le régime iranien, qui poursuit sa politique de répression tous azimuts.
Parallèlement, la situation des droits humains en Iran continue de se dégrader. Les arrestations arbitraires, les disparitions forcées et les procès inéquitables sont monnaie courante. Les femmes, les minorités ethniques et religieuses, ainsi que les militants politiques et syndicaux sont particulièrement ciblés. Ce nouveau cycle d’exécutions intervient alors que les autorités iraniennes tentent également de limiter l’accès à internet et de museler les médias indépendants.
En toile de fond, la question nucléaire reste un point d’achoppement majeur. Si les négociations avec les grandes puissances ont permis de réduire temporairement le spectre d’un conflit armé, le régime de Téhéran semble exploiter ce répit pour renforcer sa mainmise sur la société. Selon des analystes, la stratégie du pouvoir consiste à jouer sur les deux tableaux: apaiser les tensions extérieures tout en réprimant férocement toute contestation intérieure.
L’exécution des deux manifestants n’est donc pas un acte isolé. Elle s’inscrit dans un schéma plus large, où la répression se fait plus implacable à chaque fois que les pressions internationales s’atténuent. Les semaines à venir pourraient être décisives: si les pourparlers nucléaires aboutissent à un accord durable, le risque est que le régime iranien, débarrassé de la menace extérieure, intensifie encore sa répression interne.



