La France traverse une journée marquée par plusieurs événements majeurs. Alors que de violents incendies continuent de ravager le sud du pays, le Parlement a définitivement adopté une mesure inédite en Europe interdisant l'accès aux réseaux sociaux pour les moins de 15 ans. Parallèlement, la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, a annoncé sa démission avant de faire volte-face quelques heures plus tard.

Les feux de végétation, favorisés par la sécheresse et un vent vif, se multiplient sur le territoire français. L'incendie le plus préoccupant est en cours dans le Var, où plus de 2.550 hectares de végétation ont déjà été détruits depuis mardi. Le feu, qui n'est pour l'heure que contenu et non maîtrisé, a entraîné l'évacuation d'au moins 500 personnes. Une trentaine d'habitations ont été endommagées par les flammes. Un important incendie est également signalé en Corse, tandis que les départements du Gard, du Vaucluse et des Bouches-du-Rhône ont été placés en alerte maximale par les autorités. Près de Bordeaux, le feu survenu mardi après-midi à Mérignac est désormais éteint, mais le bilan est lourd: deux pompiers ont perdu la vie en luttant contre les flammes. Le ministre de l'Intérieur doit se rendre sur place aujourd'hui pour leur rendre hommage.

Dans le même temps, la France est devenue le premier pays européen à interdire l'accès aux réseaux sociaux aux moins de 15 ans. Le Parlement a définitivement adopté mardi soir une proposition de loi en ce sens, visant à protéger la santé des enfants et des adolescents. Le président de la République a salué une « avancée majeure », se félicitant que la France « ouvre la voie » alors que plusieurs autres pays européens envisagent des législations similaires. L'entrée en vigueur de cette interdiction se fera en deux temps: dès le 1er septembre pour les nouveaux comptes, et après un délai de quatre mois, soit le 1er janvier 2027, pour les comptes existants.

Enfin, un rebondissement politique est venu ponctuer cette journée chargée. La ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, a annoncé ce mercredi qu'elle remettait sa démission au président de la République. En cause, selon elle, « le recul environnemental de trop » du gouvernement, lié à l'adoption de la loi d'urgence agricole permettant la réintroduction de pesticides interdits. Monique Barbut, particulièrement hostile au retour de l'acétamipride — interdit en France depuis 2018 — pour certaines productions agricoles, a déploré que « le gouvernement a empêché le débat autour de la suppression de cette mesure ». Cependant, quelques heures plus tard, son cabinet a annoncé qu'elle resterait finalement en poste, à la demande d'Emmanuel Macron, qui ne l'a pas acceptée et l'a assurée de son soutien. L'ancienne présidente de WWF a donc « accepté de poursuivre sa mission ».

Ces trois actualités illustrent les défis multiples auxquels la France est confrontée, entre urgences climatiques, protection de la jeunesse et tensions politiques internes. Les incendies, qui pourraient encore s'étendre en raison des conditions météorologiques, mobilisent d'importants moyens de secours. La nouvelle législation sur les réseaux sociaux suscite déjà des débats sur sa mise en œuvre et son efficacité. Quant à la situation de Monique Barbut, elle révèle les fractures au sein du gouvernement sur les questions environnementales, alors que la loi d'urgence agricole continue de faire polémique.