L'activiste et volontaire ukrainien Sergueï Sterneko a affirmé ce mercredi sur Telegram que le général Oleksandr Syrsky n'est plus commandant en chef des forces armées ukrainiennes. Dans un message publié sur sa chaîne, Sterneko a écrit: « Syrsky n'est plus commandant en chef ». Cette déclaration a rapidement suscité des réactions sur les réseaux sociaux, mais aucune confirmation officielle n'a encore été émise par la présidence ukrainienne ou le ministère de la Défense.

Le général Syrsky, qui dirigeait l'armée ukrainienne depuis février 2024, a lui-même réagi à cette information avec une note d'ironie. Sur son canal Telegram public, il a partagé une capture d'écran du message de Sterneko en commentant: « Sterneko n'est plus rappeur. 1:1 ». Cette réponse sibylline n'apporte aucune confirmation ni démenti clair, laissant planer le doute sur la véracité de l'annonce.

Cette déclaration intervient dans un contexte de tensions croissantes autour de la conduite de la guerre. Depuis plusieurs semaines, des voix critiques s'élèvent dans l'espace public ukrainien pour réclamer le départ du général Syrsky, accusé par certains de ne pas avoir su endiguer les avancées russes sur le front oriental. Des discussions sur une éventuelle pression exercée sur le président Volodymyr Zelensky pour procéder à un changement à la tête de l'armée circulent dans les milieux politiques et médiatiques, bien qu'aucun lien de cause à effet officiel n'ait été établi.

Oleksandr Syrsky, âgé de 59 ans, est une figure centrale de la défense ukrainienne. Il avait été nommé commandant en chef en février 2024, en remplacement du général Valeri Zaloujny, très populaire mais jugé trop indépendant par le pouvoir politique. Syrsky était auparavant commandant des forces terrestres ukrainiennes et avait dirigé avec succès la contre-offensive dans la région de Kharkiv à l'automne 2022, une opération qui avait permis de reprendre des milliers de kilomètres carrés de territoire occupé par les forces russes.

Son mandat a toutefois été marqué par des défis considérables. La guerre d'usure imposée par la Russie, les pénuries de munitions et les difficultés de mobilisation ont pesé sur les capacités de l'armée ukrainienne. La chute de la ville d'Avdiïvka en février 2024, après des mois de combats acharnés, a été perçue comme un revers majeur et a alimenté les critiques à l'encontre de la stratégie militaire.

Sergueï Sterneko, de son côté, est une personnalité bien connue en Ukraine. Ancien militant pro-européen, il a été condamné en 2021 à cinq ans de prison avec sursis pour « enlèvement et torture » dans une affaire remontant à 2015, une décision judiciaire largement perçue comme politiquement motivée par ses partisans. Depuis le début de l'invasion russe en février 2022, il s'est imposé comme l'un des principaux collecteurs de fonds pour l'armée ukrainienne, levant des millions de dollars via ses réseaux sociaux pour acheter des drones, des véhicules et du matériel militaire.

L'absence de réaction officielle des autorités ukrainiennes alimente les spéculations. Ni la présidence, ni le ministère de la Défense, ni l'état-major général n'ont publié de communiqué confirmant ou infirmant l'information. Aucun décret présidentiel n'a été rendu public à ce stade. Les journalistes ukrainiens tentent de vérifier l'information auprès de sources proches du pouvoir, mais aucune confirmation n'a filtré pour l'instant.

Si l'information devait se confirmer, il s'agirait du deuxième changement majeur à la tête de l'armée ukrainienne en un an, après le remplacement de Zaloujny par Syrsky en février 2024. Un tel remaniement interviendrait à un moment critique du conflit, alors que les forces russes intensifient leurs offensives dans l'est du pays et que l'Ukraine attend avec impatience l'arrivée de nouvelles livraisons d'armes occidentales.

La situation reste donc très fluide. Les observateurs appellent à la prudence tant qu'un communiqué officiel n'aura pas été publié. La réaction ironique du général Syrsky lui-même pourrait être interprétée comme un démenti implicite, mais elle ne constitue en aucun cas une confirmation officielle. L'Agence France-Presse et d'autres médias internationaux tentent d'obtenir une clarification auprès des autorités ukrainiennes.

En attendant, les réseaux sociaux ukrainiens s'enflamment. Les partisans de Sterneko saluent ce qu'ils considèrent comme une fuite d'information, tandis que les détracteurs de l'activiste l'accusent de diffuser des rumeurs non vérifiées. Le débat sur la conduite de la guerre et la responsabilité des hauts commandements militaires reste plus que jamais d'actualité en Ukraine.