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samedi 19 septembre 2026

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Tom Watson quitte UK Music pour rejoindre Palantir
Former Labour deputy leader Tom Watson leaves UK Music to join Palantir

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Tom Watson quitte UK Music pour rejoindre Palantir

L'ancien leader adjoint du Parti travailliste, Lord Tom Watson, quitte ses fonctions à la tête de UK Music pour devenir vice-président senior de la société américaine d'intelligence artificielle Palantir, une nomination qui suscite de vives critiques.

Lord Tom Watson, ancien leader adjoint du Parti travailliste britannique, a été nommé vice-président senior de Palantir UK, la branche britannique de la société américaine d'intelligence artificielle. Il quitte ainsi ses fonctions au sein de UK Music, l'organisme qui fédère l'industrie musicale britannique, après six années passées à sa tête. La nomination a été annoncée par l'intéressé lui-même sur le réseau social X, où il a qualifié Palantir de « l'entreprise la plus intéressante de la planète, qui accomplit un travail aux conséquences réelles ».

Fondée il y a vingt ans par le milliardaire Peter Thiel, Palantir bénéficie du soutien financier de la CIA et compte parmi ses clients les armées américaine et israélienne, l'agence fédérale ICE, le FBI ainsi que le NHS, le service public de santé britannique. Cette proximité avec des acteurs étatiques et militaires explique en partie la controverse entourant cette nomination. Tom Watson a lui-même reconnu que l'entreprise faisait face à des « défis » et que, si certaines critiques relevaient de la « propagande », il existait de « légitimes questions sur les grandes entreprises technologiques et le contrôle souverain ».

La députée écologiste Sian Berry a vivement réagi à cette annonce, dénonçant « un nouvel exemple de la porte tournante corrosive entre la politique et le lobbying des grandes entreprises, qui n'a pas sa place dans la vie publique ». Elle a ajouté que Palantir n'avait « rien à faire dans notre NHS et nos services publics » et que Tom Watson avait été recruté pour « faire du lobbying auprès de ses amis du gouvernement travailliste ». De nombreux internautes ont partagé cette indignation, l'un d'eux écrivant sur X : « Vous avez passé six ans à nous dire que vous vous souciez de la culture, de la communauté et des arts, pour immédiatement sauter le pas vers un géant américain de la tech-espionnage fondé par Peter Thiel. La porte tournante entre les anciens politiciens travaillistes et l'argent des entreprises technologiques continue de tourner à une vitesse supersonique. »

Le passage de Tom Watson à la tête de UK Music avait déjà été source de divisions. En 2020, l'organisation avait dû défendre sa nomination après des critiques venues de l'ensemble du secteur. Selon un rapport du Times de l'époque, cette décision avait « alarmé » la British Phonographic Industry, dont les membres représentent 85 % des ventes de musique et qui compte parmi les dix groupes musicaux siégeant au conseil d'administration de UK Music. Des inquiétudes portaient notamment sur la connaissance de l'industrie musicale britannique par Tom Watson, ainsi que sur le coût de son salaire annuel. Le rapport citait également plusieurs controverses survenues durant sa carrière parlementaire, notamment son soutien à de fausses allégations d'abus sexuels sur enfants, infirmées par les conclusions de l'Independent Inquiry into Child Sexual Abuse au début de l'année 2020. Des appels avaient alors été lancés pour empêcher Tom Watson de recevoir un titre de pair.

Louis Mosley, responsable du Royaume-Uni et de l'Europe chez Palantir Technologies, a pour sa part salué cette nomination, estimant que Tom Watson apportait « une compréhension profonde de la manière dont l'IA change la façon dont l'État peut aider les citoyens en Grande-Bretagne, où plus d'un Palantirien sur six est basé ». Il a précisé que Tom Watson avait renoncé à son laissez-passer parlementaire et que son contrat avec Palantir lui interdisait de revenir à la Chambre des lords en tant que pair actif pendant la durée de son emploi.

Dans une déclaration, Tom Watson a affirmé que Palantir « aide la Grande-Bretagne et ses alliés à se défendre, aide la police à protéger nos concitoyens et aide le personnel du NHS à traiter les patients et à les renvoyer chez eux plus rapidement ». Il a ajouté qu'une partie de son rôle consisterait à « corriger les fausses informations tout en travaillant avec nos ingénieurs pour que la confidentialité, la sécurité et le respect de la souveraineté soient au cœur de tout ce que nous faisons ».

Cette nomination intervient dans un contexte où les allers-retours entre responsables politiques et grandes entreprises technologiques sont de plus en plus scrutés au Royaume-Uni. Elle ravive les débats sur l'influence des intérêts privés sur les décisions publiques, en particulier dans des secteurs sensibles comme la santé et la sécurité.

Laurent Tessier

Auteur

Reporter sport

Laurent Tessier couvre pour Reel Pink l’actualité, la politique, l’économie, la société et la culture. Son travail met l’accent sur la vérification, le contexte et la clarté pour les lecteurs.