Volodymyr Zelensky a entamé ce lundi une visite au Royaume-Uni, devenant le premier dirigeant étranger reçu par le nouveau chef du gouvernement britannique, Andy Burnham. Les deux hommes se sont rencontrés sur la base navale de Portsmouth, sur la côte sud de l'Angleterre, pour échanger avec des militaires ukrainiens et britanniques participant à un exercice de lutte contre les mines marines en mer Noire. Le président ukrainien espérait conclure un accord avec Londres sur le partage de technologies de drones, en particulier le système de brouillage « Stone Cloak », destiné à contrer les défenses aériennes russes. Andy Burnham a déclaré que cette rencontre n'était « pas un hasard », affirmant vouloir envoyer un « message très clair » de soutien à Kiev.
Le Premier ministre britannique a annoncé le transfert à l'Ukraine de la propriété intellectuelle de ce système de brouillage, un geste qui renforce la coopération militaire entre les deux pays. Cette visite intervient à un moment crucial, alors que Volodymyr Zelensky doit se rendre à Washington mardi pour rencontrer le président américain Donald Trump. La dimension internationale du conflit s'accroît, comme en témoigne également la mise en garde de l'Iran adressée à l'Ukraine après une attaque de drone ukrainienne en mer Caspienne contre un navire iranien transportant du matériel militaire. Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, a qualifié cette action « d'acte absolument illégal et injustifié », menaçant de conséquences « assurément imprévisibles ».
Sur le front militaire, Vladimir Poutine a signé ce lundi un décret augmentant les effectifs de l'armée russe de 25 000 personnes, portant le total autorisé à 2 426 130 personnes, dont 1 535 000 militaires. Cette décision, rapportée par l'agence TASS, reflète la volonté du Kremlin de poursuivre l'effort de guerre malgré les pertes et les sanctions. Parallèlement, les frappes ukrainiennes se sont intensifiées en profondeur sur le territoire russe. Dans la nuit de dimanche à lundi, une attaque de drones ukrainiens a visé Rostov-sur-le-Don, dans le sud-ouest de la Russie, faisant cinq morts, dont un enfant, selon les autorités locales. Des débris de drones ont endommagé trois immeubles et 17 maisons privées, ainsi qu'un centre social.
Volodymyr Zelensky a affirmé sur le réseau social X que ces frappes avaient ciblé « un terminal d'exportation » dans cette région, ainsi que des « installations pétrolières » dans la région de Iaroslavl, à environ 250 km au nord de Moscou, et dans la République d'Oudmourtie, à environ 950 km à l'est de la capitale. Selon le président ukrainien, ces attaques visent à « assécher le financement du conflit par le Kremlin » en frappant les infrastructures énergétiques russes. Ces offensives à distance marquent une nouvelle phase de la guerre, où l'Ukraine cherche à étendre le champ de bataille au-delà de ses frontières.
Le conflit, qui dure depuis 1 614 jours, prend ainsi une dimension de plus en plus internationale, avec des acteurs extérieurs impliqués directement ou indirectement. La visite de Zelensky à Londres et sa prochaine rencontre à Washington s'inscrivent dans une stratégie visant à obtenir un soutien militaire et diplomatique accru, tandis que la Russie continue d'augmenter ses effectifs et de mener des bombardements sur le territoire ukrainien.



