Chloé Zhao défend les films de super-héros à la Mostra de Venise
La réalisatrice Chloé Zhao a profité de sa masterclass à la Mostra de Venise pour défendre les films de super-héros, affirmant qu'il ne faut pas les écarter au motif qu'ils ne seraient pas de « grand art ».
La réalisatrice Chloé Zhao a profité de sa masterclass à la Mostra de Venise pour prendre la défense des films de super-héros. Interrogée sur la valeur artistique de ces productions souvent décriées, la cinéaste a estimé qu'il est « important de ne pas écarter des histoires simplement parce que nous ne les considérons pas comme du grand art ». Une déclaration qui intervient alors que le débat sur la légitimité culturelle du cinéma de genre continue d'animer les festivals les plus prestigieux.
Devant un public venu l'écouter vendredi après-midi, Chloé Zhao est revenue sur son parcours singulier, ponctué par des œuvres indépendantes saluées par la critique et un détour remarqué par l'univers Marvel avec « Les Éternels » en 2021. La réalisatrice, oscarisée pour « Nomadland », a raconté comment son goût pour les récits imagés s'est construit dès l'enfance. « Quand j'étais petite, je rêvais de devenir mangaka », a-t-elle confié avec le sourire. « Mais je n'étais pas très douée pour le dessin. Je n'étais pas au niveau. Je voulais raconter des histoires. »
Cette aspiration précoce au manga éclaire son rapport aux genres populaires. Pour Chloé Zhao, la hiérarchie implicite entre un cinéma dit « d'auteur » et les productions à gros budget ne résiste pas à l'analyse. La cinéaste a insisté sur la nécessité d'aborder chaque récit avec le même sérieux, quelle que soit son origine. Son passage chez Marvel, souvent perçu comme une anomalie dans une filmographie intimiste, s'inscrit au contraire dans une logique de continuité : celle d'une narratrice attirée par les mythes contemporains et les figures héroïques.
La masterclass de Venise a également été l'occasion d'évoquer les difficultés concrètes du métier, entre pression des studios et exigences artistiques. Chloé Zhao a décrit un équilibre délicat à trouver pour préserver sa vision tout en répondant aux attentes d'un public mondial. Elle a souligné que les films de super-héros, souvent réduits à leur dimension commerciale, portent pourtant des thèmes universels : l'identité, le sacrifice, la place de l'individu dans la communauté.
Cette prise de position intervient dans un contexte où plusieurs cinéastes reconnus ont exprimé ces dernières années des réserves sur la domination des franchises au détriment d'un cinéma plus indépendant. Chloé Zhao, forte de son expérience des deux mondes, a appelé à davantage de nuance dans ce débat. Selon elle, la qualité d'une œuvre ne se mesure pas à son budget ni à son support de diffusion, mais à sa capacité à toucher ceux qui la regardent.
La réalisatrice a conclu son intervention en rappelant que la diversité des formes narratives fait la richesse du cinéma. Rejeter un genre entier reviendrait, à ses yeux, à priver le public d'histoires qui comptent pour lui. Une position qui devrait continuer d'alimenter les discussions dans les allées du Lido, où la frontière entre cinéma d'art et divertissement reste un sujet de prédilection.



