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samedi 5 septembre 2026

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« Elsinore » : Andrew Scott s’impose dans la course à l’Oscar du meilleur acteur
Telluride Awards Analysis: Andrew Scott Leaps Into Top Tier of Best Actor Oscar Race for ‘Elsinore’

Culture

« Elsinore » : Andrew Scott s’impose dans la course à l’Oscar du meilleur acteur

Présenté au festival de Telluride, « Elsinore » révèle la performance d’Andrew Scott dans le rôle d’Ian Charleson, acteur atteint du sida déterminé à jouer Hamlet. Une interprétation saluée par la critique qui propulse l’acteur au premier rang des prétendants aux Oscars.

Le festival de Telluride a révélé une performance qui pourrait redéfinir la course à l’Oscar du meilleur acteur. Andrew Scott, connu pour « Fleabag » et « All of Us Strangers », y présente « Elsinore », un film dans lequel il incarne Ian Charleson, l’acteur écossais révélé par « Les Chariots de feu », déterminé à monter sur scène dans « Hamlet » alors qu’il est ravagé par le sida. Les premières critiques, unanimes, placent d’ores et déjà l’interprète au sommet des prétendants à la statuette.

Le long-métrage s’attache aux derniers mois de la vie d’Ian Charleson. Après avoir connu la gloire hollywoodienne avec deux films consécutifs récompensés par l’Oscar du meilleur film — « Les Chariots de feu » en 1981 puis « Gandhi » en 1982 —, l’acteur avait vu sa carrière américaine s’étioler. Son cœur, lui, était resté fidèle à la scène londonienne, où il s’était imposé comme l’un des interprètes les plus prometteurs de sa génération. « Elsinore » raconte comment, en 1989, alors que la maladie le consume, il choisit de relever le défi ultime : incarner le prince du Danemark au théâtre national.

La force du film tient à la manière dont Andrew Scott fait ressentir l’état d’esprit de son personnage. Le critique de Variety souligne « la puissance tendre » de cette interprétation, qui plonge le spectateur au cœur des pensées d’Ian Charleson : sa conviction que ce qui reste de sa vie doit avoir un sens, et que jouer Hamlet lui offrira cette signification. Loin d’un simple biopic, « Elsinore » devient ainsi le portrait d’un homme qui transforme sa fin annoncée en acte de création absolu.

La performance ne laisse personne indifférent. Les observateurs du festival de Telluride, rendez-vous prisé des studios en pleine saison des récompenses, estiment que cette composition place Andrew Scott dans la première catégorie des candidats à l’Oscar du meilleur acteur. Le précédent de « All of Us Strangers », qui lui avait valu une nomination aux Golden Globes, avait déjà démontré sa capacité à incarner la vulnérabilité masculine avec une intensité rare. « Elsinore » confirme cette singularité.

Le film interroge également le rapport entre la scène et la vie, entre l’art et la maladie. Ian Charleson, qui avait contracté le VIH à une époque où le diagnostic équivalait à une condamnation, a choisi de ne pas révéler publiquement sa séropositivité pendant les représentations. Il est mort quelques semaines après la fin de la tournée, à l’âge de 40 ans. « Elsinore » s’inscrit dans la lignée des œuvres qui revisitent les années sida et leurs figures marquantes, à l’image de « Dallas Buyers Club » ou de la série « It’s a Sin ».

La critique de Deadline évoque un Andrew Scott « déchirant de justesse » dans le rôle de cet acteur déterminé à prouver, jusqu’au bout, que son art prime sur tout. Le film, réalisé avec une mise en scène sobre, laisse toute la place à l’interprétation et au texte shakespearien, dont les répliques résonnent avec une acuité nouvelle dans la bouche d’un homme confronté à sa propre mortalité.

Alors que la saison des prix cinématographiques s’ouvre, « Elsinore » s’impose comme l’une des révélations de l’automne. Reste à savoir si l’Académie des Oscars, souvent sensible aux performances inspirées de figures historiques, suivra le mouvement amorcé à Telluride. Une chose est certaine : la performance d’Andrew Scott a déjà marqué les esprits de ceux qui l’ont découverte dans la montagne du Colorado.

Léa Renard

Auteur

Rédactrice culture

Léa Renard couvre pour Reel Pink l’actualité, la politique, l’économie, la société et la culture. Son travail met l’accent sur la vérification, le contexte et la clarté pour les lecteurs.