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vendredi 4 septembre 2026

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Jack Huston évoque les questions difficiles sur les abus sexuels posées par le film de Paul Schrader à Venise
Jack Huston On The Tough Questions About Sexual Abuse Posed By Paul Schrader’s Film ‘The Basics Of Philosophy’: “It’s Almost Become A Taboo Subject” – Venice Film Festival

Culture

Jack Huston évoque les questions difficiles sur les abus sexuels posées par le film de Paul Schrader à Venise

À la Mostra de Venise, Jack Huston revient sur « The Basics of Philosophy » de Paul Schrader, un film qui aborde frontalement les abus sexuels, un sujet devenu « presque tabou » selon l'acteur.

Le Festival de Venise a été le théâtre d'une rencontre marquante entre Jack Huston et le cinéma de Paul Schrader. Présenté en compétition, le nouveau film du réalisateur américain, « The Basics of Philosophy », pose des questions dérangeantes sur les abus sexuels, un thème que l'acteur considère comme « presque devenu tabou » dans le débat public.

Paul Schrader, scénariste de « Taxi Driver » et réalisateur de « American Gigolo », écrit depuis cinquante ans des rôles taillés pour de grands acteurs. Jack Huston, qui incarne le personnage central de ce nouveau long-métrage, a souligné lors d'une conférence de presse que le film ne cherche pas à esquiver la complexité morale du sujet. « C'est un film qui pose des questions, pas qui donne des réponses », a-t-il déclaré, saluant la capacité du cinéaste à aborder des territoires rarement explorés avec une telle franchise.

L'acteur, connu pour ses rôles dans « Boardwalk Empire » et « Fargo », a insisté sur l'importance de ne pas réduire le débat à une opposition binaire entre victimes et bourreaux. « La société a tendance à vouloir des catégories nettes, mais la réalité est plus nuancée », a-t-il expliqué. Selon lui, le film de Schrader force le spectateur à confronter ses propres préjugés et à reconnaître que la frontière entre le bien et le mal est souvent plus poreuse qu'on ne le croit.

Cette prise de position intervient dans un contexte où la question des violences sexuelles agite régulièrement le monde du cinéma, des affaires Harvey Weinstein aux récentes révélations dans l'industrie française. Jack Huston a toutefois refusé de faire un lien direct entre le film et l'actualité, préférant souligner la dimension intemporelle du scénario. « Ce n'est pas un film à charge, c'est une œuvre qui cherche à comprendre, même quand c'est inconfortable », a-t-il ajouté.

Le réalisateur Paul Schrader, présent à Venise pour la première mondiale, a pour sa part rappelé que son cinéma a toujours été habité par des personnages en proie à des démons intérieurs. De Robert De Niro dans « Taxi Driver » à Willem Dafoe dans « Light Sleeper », ses héros sont souvent des marginaux qui tentent de trouver une rédemption impossible. « The Basics of Philosophy » s'inscrit dans cette lignée, mais avec une acuité nouvelle sur les mécanismes de l'emprise et de la mémoire.

Le film, dont la sortie en salles est attendue dans les prochains mois, devrait relancer le débat sur la manière dont le cinéma peut aborder des sujets sensibles sans tomber dans le sensationnalisme. Pour Jack Huston, l'essentiel est ailleurs : « Ce qui compte, c'est que le public reparte avec des questions, pas avec des certitudes. » Une ambition que Paul Schrader, fidèle à son style, semble avoir pleinement atteinte.

Hugo Marchand

Auteur

Correspondant international

Hugo Marchand couvre pour Reel Pink l’actualité, la politique, l’économie, la société et la culture. Son travail met l’accent sur la vérification, le contexte et la clarté pour les lecteurs.