Kisin Saito signe avec « Kefi » un premier long métrage kaléidoscopique mêlant deuil et genres
Dans « Kefi », premier long métrage de Kisin Saito, des retrouvailles familiales endeuillées se mêlent à des éléments de science-fiction, de drogue et de dinosaures, dans une œuvre qui brouille volontairement les genres.
Dans « Kefi », premier long métrage de Kisin Saito, une réunion de famille marquée par le deuil se transforme en un voyage déroutant où se croisent extraterrestres, drogues et dinosaures. Le film, présenté comme une œuvre audacieuse et fluide dans ses genres, s'impose d'emblée par son assurance formelle.
Vers la fin du film, l'une des protagonistes centrales, la plus jeune de trois sœurs, justifie une rencontre sans lendemain avec un inconnu en affirmant que « le flux » de cette rencontre fortuite « était vraiment cinématographique ». La remarque pourrait valoir pour l'ensemble du film, qui assume pleinement son caractère foisonnant et refuse de se laisser enfermer dans une seule catégorie.
Le récit part d'un drame familial. Les trois sœurs se retrouvent après la perte d'un proche, et ces retrouvailles, censées être douloureuses et intimes, sont progressivement bousculées par une succession d'événements qui relèvent tour à tour de la comédie, du fantastique et de la science-fiction. Cette alternance de registres constitue l'un des fils conducteurs de l'œuvre, qui navigue entre l'émotion du deuil et une forme de fantaisie débridée.
Ce mélange des genres pourrait désorienter certains spectateurs, mais il sert une vision d'ensemble cohérente, où le chagrin et l'absurde cohabitent. Kisin Saito fait preuve d'une maîtrise notable pour un premier film, en osant des ruptures de ton sans que l'ensemble ne se délite. La mise en scène, colorée et inventive, accompagne ces basculements et donne au film une énergie qui contraste avec la gravité de son point de départ.
Le long métrage s'inscrit ainsi dans une tendance du cinéma indépendant contemporain, qui privilégie les hybridations et les récits non linéaires pour aborder des thèmes intimes. Présenté comme une découverte, « Kefi » place son réalisateur parmi les voix à suivre, grâce à une proposition singulière qui ne cherche pas à plaire par la facilité mais à surprendre le spectateur de bout en bout.
Source: variety.com
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