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mercredi 23 septembre 2026

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Le crédit d'impôt fédéral américain ne menace pas la production européenne selon les producteurs
Will a U.S. Federal Tax Threaten Europe’s Production Boom? European Producers Don’t Think So: ‘The U.S. Is Falling Behind’

Culture

Le crédit d'impôt fédéral américain ne menace pas la production européenne selon les producteurs

Réunis au Festival de San Sebastián, des producteurs européens estiment que le projet de crédit d'impôt fédéral américain pour le cinéma ne remettra pas en cause le dynamisme des tournages en Europe, où les infrastructures et les incitations locales restent compétitives.

L'éventualité d'un crédit d'impôt fédéral américain pour la production cinématographique a dominé les discussions de la Creative Investors' Conference, organisée en marge du Festival de San Sebastián. Mais pour les professionnels européens présents, cette mesure ne devrait pas freiner l'essor des tournages sur le Vieux Continent. Intervenant lors d'une table ronde intitulée « Les défis et opportunités actuels de l'Europe », Lorenzo de Maio, de De Maio Entertainment, a clairement pris position : il ne croit pas que cette réforme fiscale américaine suffira à inverser la tendance.

Le débat intervient alors que les États-Unis envisagent de mettre en place un mécanisme fédéral de soutien à la production, une première dans un pays où les incitations relèvent traditionnellement des États. Une telle mesure pourrait, en théorie, rapatrier des tournages actuellement réalisés en Europe, attirés par des dispositifs nationaux généreux et des coûts maîtrisés. Pourtant, les producteurs européens réunis à Saint-Sébastien affichent leur sérénité. Selon eux, l'Europe dispose d'atouts structurels — studios, équipes techniques expérimentées, cadres réglementaires stables — que Washington ne pourra pas compenser par une simple niche fiscale.

« Les États-Unis sont en train de prendre du retard », résume Lorenzo de Maio, cité lors de la conférence. Pour lui, le retard américain ne tient pas seulement à l'absence d'un crédit fédéral, mais à un écosystème de production qui a perdu de sa compétitivité face à des pays comme la France, l'Espagne, l'Italie ou le Royaume-Uni. Les plateformes de streaming ont, ces dernières années, massivement investi dans des productions européennes, contribuant à un boom sans précédent des tournages. Ce mouvement a permis à de nombreux territoires de développer des pôles d'excellence et d'attirer des projets internationaux.

La question d'un crédit d'impôt fédéral américain reste toutefois suivie de près par le secteur. Si elle se concrétisait, elle pourrait modifier l'équilibre des forces, notamment pour les productions à gros budget qui hésitent entre l'Europe et les États-Unis. Mais les professionnels européens interrogés estiment que les décisions de tournage ne reposent pas uniquement sur des considérations fiscales. La disponibilité des talents, la qualité des infrastructures et la proximité des lieux de post-production pèsent tout autant dans la balance.

Le Festival de San Sebastián, qui se tient chaque année dans le Pays basque espagnol, est devenu un rendez-vous incontournable pour les investisseurs et les producteurs. La Creative Investors' Conference y réunit des décideurs du monde entier, venus discuter des tendances du financement et des stratégies de production. Cette année, la question de la concurrence américaine s'est imposée comme un thème central, signe que l'industrie européenne entend défendre sa position.

Pour les producteurs présents, l'enjeu n'est pas tant de craindre une fuite des tournages que de consolider les acquis. L'Europe a su bâtir un modèle fondé sur la coopération entre pays, les fonds régionaux et les obligations d'investissement des diffuseurs. Ce maillage, difficile à répliquer, constitue une barrière à l'entrée que même un crédit d'impôt fédéral américain ne saurait abolir du jour au lendemain. La conférence de San Sebastián a donc envoyé un message d'assurance : la production européenne n'a pas dit son dernier mot.

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Laurent Tessier

Auteur

Reporter sport

Laurent Tessier couvre pour Reel Pink l’actualité, la politique, l’économie, la société et la culture. Son travail met l’accent sur la vérification, le contexte et la clarté pour les lecteurs.