La question d'un éventuel report du procès en appel de Cédric Jubillar, actuellement fixé au 21 septembre à Toulouse, devrait être tranchée « avant la fin de la semaine ». La cour d'appel a indiqué qu'une décision « rapide » serait annoncée, alors que les aveux de l'accusé et la découverte des ossements de son épouse Delphine Aussaguel ont profondément bouleversé le cours de l'affaire.
Depuis que Cédric Jubillar a reconnu avoir tué sa femme, et que les analyses ADN ont confirmé que les ossements retrouvés dans le Tarn sont bien ceux de Delphine, les spéculations sur un report du procès se sont multipliées. Les avocats de la défense comme ceux des parties civiles jugent « impossible » de tenir les audiences dans les délais prévus, estimant que les nouvelles révélations nécessitent des investigations complémentaires.
Pourtant, certains experts estiment que le procès pourrait se tenir comme prévu. Jacques Dallest, magistrat honoraire et ancien procureur général près la cour d'appel de Grenoble, considère que « tout dépendra du souhait de la présidente de la cour d'assises qui a ordonné le supplément d'information compte tenu des aveux ». Selon lui, « on ne rouvre pas l'instruction » et les expertises psychiatriques ayant déjà été réalisées, il ne voit pas « pourquoi on repartirait dans des auditions de témoins, une reconstitution, etc. ».
La découverte des ossements a également relancé le débat sur la préméditation. Jennifer C., l'ex-compagne de Cédric Jubillar, avait affirmé à plusieurs reprises que ce dernier lui avait confié avoir prémédité son acte. Elle rapportait qu'il avait choisi la soirée de la finale d'une émission de télévision pour se bâtir un alibi. « Il me dit qu'il reste que les os, il me dit qu'elle est dans une ferme, dans un champ, qu'il n'a pas eu à faire de trou, qu'elle est recouverte de quelque chose », avait-elle détaillé à l'antenne de BFM. La découverte des deux fémurs en lisière d'un bois à Mailhoc, formellement identifiés par l'ADN, est venue valider la crédibilité de son récit.
De son côté, la défense de Cédric Jubillar cherche à accréditer la thèse d'une dispute qui a dérapé, évoquant un « passage à l'acte irréfléchi » lors d'un « débordement émotionnel très fort ». Pour Jacques Dallest, cette stratégie est limpide: « Une dispute qui a mal tourné, c'est ce qu'on appelle des coups mortels et la peine encourue n'est plus que de vingt ans. À mon avis, ses avocats vont plaider ça. »
Quant à la qualification juridique, le magistrat tempère la portée du témoignage de l'ex-compagne. « Pour l'instant, le chef d'accusation c'est meurtre. Meurtre sur conjoint ou assassinat, c'est la même peine, c'est la perpétuité. Mais c'est un élément à prendre en considération qui sera sûrement évoqué durant le procès. Simplement, cela ne résulte que d'une déclaration d'un témoin. La préméditation, c'est souvent difficile à établir. »
L'affaire Jubillar, qui a débuté avec la disparition de Delphine Aussaguel dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020 à Cagnac-les-Mines (Tarn), a connu de nombreux rebondissements. Après avoir nié toute implication pendant des années, Cédric Jubillar a finalement avoué le meurtre de son épouse en juillet 2026, conduisant à la découverte des ossements. Le procès en appel, initialement prévu pour septembre, devra intégrer ces éléments nouveaux, quelle que soit la décision de la cour.
Les proches de Delphine Aussaguel, qui attendent depuis près de six ans des réponses, espèrent que la justice pourra faire toute la lumière sur les circonstances exactes de sa mort. La décision imminente de la cour d'appel sur le maintien ou le report du procès constituera une étape cruciale dans cette affaire qui a profondément marqué l'opinion publique française.



