Le concert gratuit du chanteur franco-israélien Amir, initialement prévu ce dimanche à Marseille, a été annulé pour des « raisons de sécurité », ont annoncé les organisateurs jeudi 23 juillet. Cette décision fait suite à des appels au boycott lancés par des militants propalestiniens, qui dénoncent la nationalité israélienne de l’artiste et son soutien présumé à l’État hébreu dans le contexte du conflit au Proche-Orient.

Le collectif Union Palestine Marseille, à l’origine de la mobilisation, s’est félicité de cette annulation, qu’il a qualifiée de « victoire de la mobilisation populaire ». Dans un communiqué, le groupe a estimé que « la voix de la rue a parlé » et que « la culture ne doit pas servir de vitrine à un État accusé de violations des droits humains ». Cette position a suscité de vives réactions, tant dans le milieu culturel que politique.

De son côté, le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) a exprimé « sa profonde inquiétude » face à cette annulation. Dans un message publié sur les réseaux sociaux, le Crif a dénoncé « une pression intolérable exercée par des groupes extrémistes » et a appelé les autorités à « garantir la liberté d’expression et la sécurité des artistes ». L’organisation a également rappelé que « le boycott d’un artiste en raison de sa nationalité est une forme de discrimination inacceptable ».

Ce n’est pas la première fois qu’Amir, révélé au grand public lors de l’émission « The Voice » en 2014 et représentant de la France à l’Eurovision en 2016, est la cible de telles actions. En juin dernier, un concert de l’artiste à Paris avait déjà été perturbé par des manifestants propalestiniens, sans toutefois être annulé. La récurrence de ces incidents soulève des questions sur la liberté d’expression et la sécurité des événements culturels en France.

La mairie de Marseille, interrogée par plusieurs médias, a indiqué n’avoir pas été directement impliquée dans la décision d’annulation, mais a confirmé que « les conditions de sécurité n’étaient pas réunies pour garantir le bon déroulement du concert ». La préfecture des Bouches-du-Rhône, de son côté, n’a pas souhaité commenter, renvoyant aux organisateurs.

Les organisateurs du concert, qui n’ont pas été identifiés publiquement, ont justifié leur décision par « l’impossibilité d’assurer la sécurité du public et de l’artiste face aux menaces proférées sur les réseaux sociaux ». Ils ont précisé que « des discussions sont en cours pour reprogrammer l’événement dans un lieu et à une date ultérieurs, sous réserve que les conditions de sécurité soient remplies ».

Cette annulation intervient dans un climat de tensions croissantes autour du conflit israélo-palestinien, qui a gagné les scènes culturelles françaises. Plusieurs artistes israéliens ou perçus comme pro-israéliens ont vu leurs concerts annulés ou perturbés ces derniers mois, tandis que des appels au boycott se multiplient, notamment de la part de collectifs propalestiniens. Ces actions sont souvent critiquées par les défenseurs de la liberté d’expression, qui y voient une censure.

Le chanteur Amir, de son vrai nom Amir Haddad, n’a pas encore réagi publiquement à cette annulation. Sur ses réseaux sociaux, il s’est contenté de partager un message de remerciement à ses fans, sans évoquer directement l’incident. Son entourage a indiqué qu’il « préférait se concentrer sur sa musique et ses projets à venir ».

Cette affaire relance le débat sur la place de la politique dans le domaine culturel. Pour certains, le boycott d’artistes en raison de leur nationalité ou de leurs opinions est une atteinte à la liberté artistique. Pour d’autres, il s’agit d’une forme légitime de protestation contre des politiques jugées contestables. En France, où la liberté d’expression est un principe fondamental, ces tensions pourraient bien se multiplier à l’avenir.