De violents affrontements ont éclaté en Cisjordanie occupée, faisant quatre morts parmi les Palestiniens et deux parmi les Israéliens, ont annoncé les autorités locales et l'armée israélienne. Ces heurts, survenus aux abords de la colonie de Havat Gilad, près de Naplouse, ont conduit l'armée israélienne à annoncer le lancement d'une « vaste opération antiterroriste » dans le territoire palestinien.

Selon les premières informations, les violences ont débuté lorsque des assaillants palestiniens ont attaqué un groupe de randonneurs israéliens dans la région. Deux citoyens israéliens ont été tués lors de cette attaque. En représailles, des colons israéliens ont pris pour cible le village palestinien voisin de Tel, selon le maire de cette localité. Une vingtaine de colons armés auraient attaqué le village, provoquant des affrontements qui ont coûté la vie à quatre Palestiniens.

Le Premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, a réagi avec fermeté à ces événements. Dans une déclaration officielle, il a qualifié l'attaque contre les randonneurs israéliens d'« attentat meurtrier » et a juré d'agir « avec fermeté » pour rétablir la sécurité. Il a également annoncé « l'accélération de la légalisation d'avant-postes » de colonies israéliennes en Cisjordanie, des implantations considérées comme illégales au regard du droit international. Cette décision intervient dans un contexte déjà tendu, où la colonisation israélienne en Cisjordanie est régulièrement dénoncée par la communauté internationale.

Les affrontements de ce week-end ravivent les craintes d'un nouvel embrasement en Cisjordanie, territoire occupé par Israël depuis 1967. La région de Naplouse, en particulier, est le théâtre de tensions récurrentes entre Palestiniens et colons israéliens, souvent soutenus par l'armée. Les violences de ces dernières heures pourraient marquer une escalade significative, alors que les négociations de paix entre Israéliens et Palestiniens sont au point mort depuis des années.

L'armée israélienne a précisé que son opération antiterroriste visait à « prévenir de nouvelles attaques » et à « démanteler les infrastructures terroristes » dans la région. Des renforts militaires ont été déployés autour de Naplouse et dans plusieurs villages palestiniens, tandis que des checkpoints ont été renforcés. De leur côté, les autorités palestiniennes ont condamné ce qu'elles considèrent comme une « agression israélienne » et ont appelé la communauté internationale à intervenir pour protéger les civils palestiniens.

Les organisations humanitaires présentes sur le terrain ont exprimé leur inquiétude face à la détérioration de la situation. Selon des témoignages recueillis par des médias locaux, les affrontements ont provoqué des scènes de panique dans les villages palestiniens, où les habitants craignent de nouvelles incursions de colons ou de l'armée. Des blessés ont été transportés vers les hôpitaux de Naplouse, où les équipes médicales sont en état d'alerte.

Cette escalade intervient dans un contexte régional déjà marqué par des tensions, notamment à Gaza et à Jérusalem-Est. La communauté internationale, par la voix de l'Union européenne et des Nations unies, a appelé à la retenue et au respect du droit international. Cependant, les déclarations de Benyamin Nétanyahou sur l'accélération de la colonisation risquent de compliquer encore davantage toute perspective de désescalade.

Les colons israéliens, quant à eux, ont salué la décision du Premier ministre de légaliser les avant-postes, y voyant une reconnaissance de leur présence en Cisjordanie. Les Palestiniens, eux, dénoncent une politique de « colonisation systématique » qui viole les résolutions de l'ONU et compromet toute solution à deux États. Les affrontements de ce week-end pourraient ainsi avoir des répercussions durables sur la sécurité et la stabilité de la région.