Quatre mois après la mort de l'ayatollah Ali Khamenei, des millions de fidèles du régime iranien ont défilé dans les rues de Téhéran pour lui rendre un dernier hommage. Le cortège funèbre, qui a traversé la capitale, a été présenté par les organisateurs comme une procession susceptible de battre le record mondial d'affluence. Les participants, venus de tout le pays, ont exprimé leur soutien au guide suprême défunt ainsi qu'à son fils et successeur désigné, Mojtaba Khamenei.
L'ayatollah Ali Khamenei, qui dirigeait l'Iran depuis 1989, a été tué par une frappe américaine il y a quatre mois. Sa mort a provoqué une onde de choc dans le pays et au-delà, suscitant à la fois des réactions de deuil et de tension géopolitique. Les funérailles, organisées ce lundi 6 juillet, ont attiré une foule immense, composée principalement de partisans du régime, venus honorer la mémoire de celui qui était considéré comme le guide de la Révolution islamique.
Le cortège a débuté en début de matinée, serpentant à travers les artères principales de Téhéran. Les participants, brandissant des portraits de l'ayatollah et des drapeaux iraniens, scandaient des slogans en faveur du régime et contre les États-Unis. « Cette procession va briser le record du monde d'affluence », a déclaré un organisateur, soulignant l'ampleur de la mobilisation. Les autorités ont déployé d'importants moyens de sécurité pour encadrer l'événement, tandis que des écrans géants ont été installés dans plusieurs quartiers pour permettre aux fidèles de suivre la cérémonie.
La mort de Khamenei a ouvert une période de transition politique délicate en Iran. Son successeur, Mojtaba Khamenei, est un religieux conservateur qui a occupé plusieurs postes clés au sein du régime. Les funérailles ont été l'occasion pour les partisans du pouvoir de manifester leur unité et leur détermination à poursuivre la voie tracée par l'ayatollah défunt. Dans son discours, Mojtaba Khamenei a appelé à la poursuite de la résistance contre les « ennemis de l'islam », en référence aux États-Unis et à Israël.
Parallèlement à ces événements, une frappe israélienne a tué quatre personnes au Liban, selon des informations rapportées par plusieurs médias. Cette frappe, qui a visé une zone proche de la frontière israélienne, a été condamnée par le Hezbollah libanais, allié de l'Iran. Les tensions régionales restent vives, alors que les funérailles de Khamenei se déroulent dans un contexte de guerre au Moyen-Orient, marqué par des affrontements entre Israël et le Hamas à Gaza, ainsi que par des frappes croisées entre l'Iran et Israël.
Les funérailles de l'ayatollah Khamenei ont également attiré l'attention de la communauté internationale. Plusieurs pays ont exprimé leurs condoléances, tandis que d'autres ont réitéré leurs appels à la désescalade dans la région. Les États-Unis, qui ont revendiqué la frappe ayant tué Khamenei, ont mis en garde contre toute tentative de représailles de la part de l'Iran. De son côté, l'Union européenne a appelé à la retenue et au dialogue.
Pour les Iraniens, ces funérailles représentent un moment de deuil national, mais aussi un test pour la stabilité du régime. La succession de Khamenei, bien que préparée, suscite des interrogations sur l'avenir politique du pays. Mojtaba Khamenei, qui a hérité de la fonction de guide suprême, devra faire face à des défis majeurs, notamment la crise économique, les sanctions internationales et les tensions avec l'Occident. Les images de la foule immense à Téhéran montrent toutefois que le régime conserve une base de soutien solide, capable de se mobiliser en masse.
La procession, qui a duré plusieurs heures, s'est achevée dans le cimetière de Behesht-e Zahra, où l'ayatollah Khamenei a été inhumé aux côtés d'autres figures de la Révolution islamique. Des prières ont été récitées, et des discours ont été prononcés par des dignitaires religieux et politiques. Les participants ont quitté les lieux dans le calme, mais avec la conviction que leur guide suprême restera une figure centrale de l'histoire iranienne.
Cet événement, par son ampleur, rappelle les funérailles de l'ayatollah Khomeini en 1989, qui avaient également rassemblé des millions de personnes. Il souligne la capacité du régime iranien à mobiliser ses partisans, même dans un contexte de crise. Pour les observateurs, ces funérailles sont un signe de la résilience du système politique iranien, mais aussi un rappel des divisions profondes qui traversent la société iranienne, entre partisans du régime et opposants.



