Deux hommes portés disparus depuis le naufrage de leur bateau au large de l'île indonésienne de Sulawesi ont été retrouvés vivants sur une île déserte, après avoir survécu plusieurs jours sur un radeau de fortune. Leur sauvetage porte à près de 60 le nombre de survivants de cette tragédie maritime, mais 18 personnes restent toujours portées disparues, selon les autorités locales.

Le drame s'est produit mercredi dernier, lorsque le navire qui transportait près de 80 passagers a sombré dans des circonstances encore mal élucidées au large de Sulawesi, une grande île de l'archipel indonésien. Les opérations de secours, déclenchées immédiatement après le signalement du naufrage, ont permis de sauver une cinquantaine de personnes dès jeudi. Cinq autres rescapés avaient été retrouvés samedi, avant que les deux derniers survivants ne soient découverts sur une île inhabitée.

Ces deux hommes, dont l'identité n'a pas été communiquée, ont raconté aux secouristes avoir construit un radeau de fortune avec des débris du bateau après avoir dérivé pendant plusieurs heures. Ils ont finalement réussi à atteindre une petite île déserte, où ils ont été repérés par une équipe de recherche aérienne. Leur état de santé, bien que fragile après plusieurs jours sans nourriture ni eau potable, a été jugé stable par les médecins qui les ont pris en charge.

Les autorités indonésiennes ont déployé des moyens importants pour tenter de retrouver les disparus, avec des patrouilles maritimes et aériennes qui se poursuivent dans la zone du naufrage. La région de Sulawesi est connue pour ses eaux dangereuses, avec des courants puissants et des conditions météorologiques souvent changeantes, ce qui complique les opérations de sauvetage. Les familles des disparus, rassemblées dans les ports voisins, attendent avec angoisse des nouvelles de leurs proches.

Ce naufrage relance les questions sur la sécurité maritime en Indonésie, un archipel de plus de 17 000 îles où le transport par bateau est essentiel mais souvent peu réglementé. Les accidents de navires surchargés ou en mauvais état sont fréquents dans le pays, où les normes de sécurité sont parfois négligées par les opérateurs. Selon des données officielles, plusieurs centaines de personnes perdent la vie chaque année dans des naufrages dans les eaux indonésiennes.

Les enquêteurs tentent désormais de déterminer les causes exactes du sinistre. Les premiers témoignages de survivants évoquent une possible voie d'eau survenue en pleine nuit, qui aurait provoqué le chavirage rapide du bateau. Le manque de gilets de sauvetage à bord aurait également aggravé la situation, obligeant les passagers à s'accrocher à des débris pour tenter de survivre.

Les autorités locales ont promis une enquête approfondie et appelé les opérateurs de transport maritime à respecter scrupuleusement les règles de sécurité. Le gouverneur de la province de Sulawesi a exprimé sa solidarité avec les familles des victimes et annoncé le déploiement de moyens supplémentaires pour les recherches. « Nous ne ménagerons aucun effort pour retrouver les disparus », a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse.

L'Indonésie, qui connaît une forte croissance de son trafic maritime intérieur, peine à faire respecter les normes de sécurité sur l'ensemble de sa flotte. Les ONG spécialisées dans la sécurité maritime réclament régulièrement un renforcement des contrôles et des sanctions plus sévères contre les armateurs négligents. Ce nouveau drame pourrait relancer le débat sur la nécessité d'une réforme du secteur.

En attendant, les deux miraculés, désormais hospitalisés, sont interrogés par les enquêteurs pour tenter de reconstituer le déroulement du naufrage et identifier d'éventuelles responsabilités. Leur survie, après plusieurs jours passés sur une île déserte sans ressources, est considérée comme un véritable exploit par les secouristes, qui saluent leur courage et leur détermination.