De nouveaux bombardements ont ensanglanté le week-end des deux côtés de la frontière ukraino-russe, tandis que des tensions diplomatiques supplémentaires éclatent avec la Roumanie et l'Iran. Six personnes ont péri dimanche dans des frappes ukrainiennes sur des zones occupées et un village frontalier russe, selon les autorités locales russes. Parallèlement, quatre civils ont été tués par des attaques russes en Ukraine, d'après Kiev. Ces violences s'ajoutent à un bilan déjà lourd, avec vingt morts recensés la veille.

Dans le nord de l'Ukraine, la ville de Tcherniguiv a été frappée par un drone russe qui a touché un supermarché. Le président Volodymyr Zelensky a dénoncé une attaque « profondément cynique sur un supermarché ordinaire », faisant deux morts dont un enfant, ainsi que treize blessés. De son côté, le ministère russe de la Défense a indiqué que 133 drones ukrainiens avaient été interceptés dans la nuit dans différentes régions, notamment celle de Moscou et en Crimée annexée.

La Roumanie a convoqué l'ambassadeur de Russie après qu'un drone russe a été abattu par un chasseur F-16 roumain au-dessus de la mer Noire. C'est le troisième engin à survoler le territoire roumain en trois jours, une violation de l'espace aérien de l'Otan que Bucarest juge « inacceptable et intolérable ». Le ministre de la Défense roumain, Radu Miruta, a précisé que le drone a été détruit cinq minutes après son entrée dans l'espace aérien. Depuis 2022, la Roumanie fait face à de fréquentes incursions de drones russes, dont certains se sont écrasés sur son sol.

Le président ukrainien a affirmé que la Russie a demandé à la Corée du Nord 30 000 soldats supplémentaires pour l'aider à combattre l'Ukraine. Selon lui, des préparatifs sont en cours dans la région de Voronej, frontalière de l'Ukraine, pour accueillir ces renforts. « La Corée du Nord se prépare également à transférer des lanceurs supplémentaires pour missiles balistiques », a-t-il ajouté, soulignant les implications pour la communauté internationale. Zelensky a averti que la Russie aide Pyongyang à améliorer ses armes et à acquérir une expérience de combat.

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a menacé Kiev de représailles après une attaque ukrainienne contre un navire marchand iranien en mer Caspienne, qui a tué un marin. Sur X, il a qualifié le président Zelensky de « parasite » et déclaré que « les agissements de ce parasite de Kiev ne peuvent rester sans réponse ». Samedi, Zelensky avait revendiqué des frappes à longue portée en mer Caspienne visant des navires transportant du matériel militaire iranien.

Sur le plan diplomatique, le président du Kazakhstan, Kassym-Jomart Tokaïev, a estimé samedi que le conflit devait être « gelé », lors d'une rencontre avec Vladimir Poutine. Cette déclaration intervient alors que les combats s'intensifient et que la communauté internationale s'inquiète d'une escalade régionale. L'incident du drone en Roumanie ravive les craintes d'une extension du conflit au sein de l'Otan, tandis que les accusations de transfert de troupes nord-coréennes alimentent les inquiétudes sur une internationalisation de la guerre. L'Iran, allié de la Russie, ajoute une nouvelle dimension de tension avec ses menaces.