Les Vingt-Sept ont finalement trouvé un accord ce jeudi 23 juillet à Bruxelles pour infliger une nouvelle vague de sanctions à la Russie, mettant fin à plusieurs semaines de tractations diplomatiques. Ce compromis, arraché dans la matinée, permet de maintenir la pression sur Moscou en limitant ses revenus pétroliers, qui financent en grande partie son effort de guerre en Ukraine.
Au cœur de cet accord figure le prolongement pour une année supplémentaire du dispositif de plafonnement du prix du pétrole russe exporté, fixé à 44 dollars le baril. Selon les estimations de Bruxelles, cette mesure pourrait coûter environ 3,5 milliards de dollars à la Russie, réduisant ainsi sa capacité à financer le conflit qui dure depuis plus de quatre ans.
Le texte final, qui inclut également des dispositions concernant les visas et d'autres secteurs économiques, a été obtenu au prix de plusieurs reculs par rapport à la proposition initiale de la Commission européenne. Certains États membres, traditionnellement plus réticents à durcir les sanctions, ont obtenu des assouplissements, notamment sur les questions énergétiques et les restrictions concernant le gaz liquéfié.
Cette décision intervient dans un contexte de tensions persistantes sur le terrain. Ce même jeudi, des frappes russes ont fait trois morts dans l'est de l'Ukraine, dans la région de Dnipropetrovsk, tandis que des attaques ukrainiennes ont tué quatre personnes en Russie et en Crimée annexée. Dans la région russe de Belgorod, frontalière de l'Ukraine, un homme a été tué et un autre blessé lors d'une attaque de drone contre un véhicule. Plus au sud, à environ 500 kilomètres de Moscou, un garçon de trois ans a perdu la vie dans l'incendie de sa maison provoqué par la chute d'un drone, ses parents étant blessés. En Crimée, deux personnes ont été tuées et cinq autres, dont deux enfants, ont été blessées dans une frappe ukrainienne.
Parallèlement à ces développements, les chefs de la diplomatie américaine et russe, Marco Rubio et Sergueï Lavrov, se sont rencontrés à Manille, aux Philippines, en marge d'une réunion de l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est (Asean). Il s'agissait de leur première rencontre depuis septembre 2025. Selon le ministère russe des Affaires étrangères, Lavrov a mis en garde son homologue américain contre la poursuite des livraisons d'armes au régime de Kiev, qu'il a jugées inadmissibles. Les efforts américains de médiation entre Kiev et Moscou sont à l'arrêt depuis le début de la guerre au Moyen-Orient fin février.
Cet accord sur les sanctions intervient alors que la guerre en Ukraine entre dans son 1 610e jour. Les discussions entre les États membres ont été particulièrement ardues, certains pays réclamant des exemptions ou des délais d'application plus longs pour certaines mesures. Le compromis final reflète un équilibre délicat entre la volonté de maintenir une pression économique sur la Russie et les préoccupations de plusieurs capitales européennes quant aux conséquences économiques des sanctions sur leurs propres économies.
Le dispositif de plafonnement du prix du pétrole, coordonné avec les pays du G7, vise à réduire les revenus pétroliers de la Russie tout en maintenant ses exportations sur les marchés mondiaux pour éviter une flambée des prix. Cette approche, qui a déjà prouvé son efficacité depuis sa mise en place, continue de diviser les experts: certains estiment qu'elle prive Moscou de ressources cruciales, tandis que d'autres soulignent les contournements possibles via des flottes parallèles de pétroliers.
Les nouvelles sanctions devraient être officiellement adoptées dans les prochains jours après leur publication au Journal officiel de l'Union européenne. Elles s'ajoutent à une série de treize paquets de sanctions déjà imposés depuis le début de l'invasion russe en février 2022, visant des secteurs allant de la finance à la technologie en passant par l'énergie et les transports.



