Une enquête choc du Figaro, publiée ce jeudi, dévoile les rouages d'un système militaire russe qualifié de « criminel et mafieux », où des soldats russes sont victimes de violences extrêmes de la part de leur propre hiérarchie. Selon des témoignages et des documents recueillis par le quotidien, des militaires sont jetés dans des trous, torturés et « annulés » — une pratique qui consiste à les effacer des registres officiels après leur mort ou leur disparition, les privant de tout droit et de toute reconnaissance.
L'enquête s'appuie sur des récits de proches de soldats, d'anciens combattants et de sources au sein de l'appareil sécuritaire russe. Elle décrit un système où la violence est utilisée comme outil de discipline et de contrôle, dans un contexte de guerre en Ukraine qui dure depuis plus de quatre ans. Les soldats qui refusent de se battre, qui tentent de déserter ou qui critiquent les ordres sont systématiquement punis, parfois de manière barbare.
« Ils sont jetés dans des trous creusés dans le sol, parfois pendant des jours, sans nourriture ni eau », raconte une source citée par Le Figaro. « D'autres sont torturés avec des décharges électriques ou battus jusqu'à ce qu'ils perdent connaissance. Ceux qui meurent sont simplement 'annulés': leur nom disparaît des listes, et leur famille ne reçoit ni corps, ni pension, ni explication. »
Cette pratique d'« annulation » permet à l'état-major russe de dissimuler l'ampleur réelle des pertes humaines. Selon des estimations citées dans l'enquête, des milliers de soldats russes auraient ainsi été effacés des registres officiels depuis le début de l'invasion de l'Ukraine en février 2022. Les familles, souvent dans l'ignorance, se heurtent à un mur de silence de la part des autorités militaires.
Le système est également décrit comme un « business criminel » où des officiers détournent une partie des soldes et des primes destinées aux soldats. Des témoignages évoquent des détournements massifs de fonds, des ventes illégales d'équipement militaire et des trafics en tout genre. « C'est une mafia en uniforme », affirme un ancien officier russe ayant fui le pays, cité par Le Figaro. « Les généraux s'enrichissent sur le dos des soldats, qui sont traités comme de la chair à canon. »
Cette enquête intervient alors que Vladimir Poutine, lors d'une cérémonie de remise de distinctions au Kremlin le 12 juin 2026, a tenté de présenter une image de l'armée russe unie et victorieuse. Mais les révélations du Figaro contrastent fortement avec cette communication officielle. Elles s'ajoutent à d'autres informations récentes, comme celles de L'Express, qui décrivent un Poutine « bunkerisé » et paranoïaque, ou encore des documents de la diplomatie française, révélés par La Dépêche, qui mettent en lumière les failles du modèle russe après quatre ans de guerre.
Les témoignages recueillis par Le Figaro décrivent un climat de terreur au sein des unités russes. Les soldats qui osent se plaindre ou demander des comptes sont immédiatement réprimés. « Mon fils a été battu parce qu'il a refusé de monter en première ligne sans équipement adéquat », témoigne une mère, dont le fils est porté disparu depuis six mois. « On m'a dit qu'il était 'annulé'. Je ne sais même pas s'il est vivant ou mort. »
L'enquête révèle également que ces pratiques ne sont pas isolées, mais qu'elles sont encouragées par une culture d'impunité au sommet de l'État. Les responsables militaires qui ordonnent ou tolèrent ces violences ne sont jamais inquiétés, tandis que les soldats qui tentent de dénoncer les abus sont eux-mêmes poursuivis pour « discrédit de l'armée ».
Cette situation a des conséquences désastreuses sur le moral des troupes russes. Selon des sources militaires occidentales citées dans l'enquête, le nombre de désertions et de refus d'obéissance a augmenté de manière significative ces derniers mois. « Les soldats russes sont de moins en moins motivés à se battre pour un système qui les traite comme des esclaves », explique un analyste.
Les révélations du Figaro jettent une lumière crue sur la réalité de la guerre en Ukraine, loin des discours officiels du Kremlin. Elles soulèvent des questions sur la responsabilité de Vladimir Poutine, qui, en tant que commandant en chef, ne peut ignorer ces pratiques. « C'est sa guerre, et c'est son système », conclut un témoin cité par le quotidien. « Il en est le premier responsable. »



