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lundi 14 septembre 2026

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Le ministre israélien de la Culture menace de révoquer la citoyenneté des réalisateurs de « NAZA »
Israel’s Minister of Culture Threatens to Revoke Israeli Citizenships of ‘NAZA’ Filmmakers

Monde

Le ministre israélien de la Culture menace de révoquer la citoyenneté des réalisateurs de « NAZA »

Miki Zohar accuse Yuval Abraham et Rachel Szor, coréalisateurs du documentaire « NAZA » primé à Venise, d'avoir « trahi l'État » et annonce vouloir agir immédiatement pour leur retirer la nationalité israélienne.

Le ministre israélien de la Culture, Miki Zohar, a menacé de révoquer la citoyenneté israélienne de Yuval Abraham et Rachel Szor, les deux coréalisateurs du documentaire « NAZA ». Il a qualifié le film de « choquant » et a accusé les cinéastes d'avoir « trahi l'État », selon des propos rapportés par plusieurs médias spécialisés.

La controverse a éclaté au lendemain de la remise du prix spécial du jury à « NAZA » lors du Festival de Venise. Le documentaire, qui allègue que l'armée israélienne a ciblé des civils à Gaza, a été distingué par cette récompense, ce qui a immédiatement provoqué la réaction du ministre. Selon une traduction de ses déclarations, Miki Zohar a annoncé qu'il agirait « immédiatement pour révoquer la citoyenneté israélienne » du duo de réalisateurs.

Dans un message cité par la presse, le ministre a fustigé ce qu'il décrit comme une volonté de nuire à leur patrie pour obtenir les applaudissements d'antisémites. « La haine de soi qui brûle chez les créateurs, qui sont prêts à nuire à leur patrie juste pour obtenir les applaudissements des antisémites », aurait-il déclaré, reprenant une formulation relayée par Variety et Deadline.

Yuval Abraham et Rachel Szor, tous deux de nationalité israélienne, sont les coréalisateurs de ce long-métrage documentaire qui a suscité une vive polémique dès sa présentation à la Mostra de Venise. Le film a été récompensé par le prix spécial du jury, une distinction qui, selon les observateurs, a accentué la visibilité internationale du documentaire et de ses thèses.

La menace de révocation de citoyenneté constitue une mesure rare et lourde de conséquences. En Israël, la nationalité peut être retirée dans des cas limités, notamment pour des actes de terrorisme ou de haute trahison, mais son application à des artistes pour des propos ou des œuvres controversés soulève des questions juridiques et politiques. Aucune procédure formelle n'a été confirmée à ce stade, et l'on ignore si le ministre dispose du pouvoir d'engager seul une telle démarche.

Cette affaire intervient dans un contexte de tensions persistantes autour de la guerre à Gaza et de la liberté d'expression en Israël. Les prises de position de Miki Zohar s'inscrivent dans une série de réactions officielles contre des voix critiques de la politique militaire israélienne. Le débat sur la liberté artistique et le droit de critique se trouve ainsi relancé, alors que le film continue d'être projeté et commenté à l'étranger.

Les réalisateurs n'ont pas encore réagi publiquement à ces menaces. La controverse pourrait toutefois peser sur la carrière du documentaire et sur la possibilité pour ses auteurs de travailler ou de voyager librement. Des organisations de défense des droits civiques pourraient contester toute tentative de retrait de nationalité, qui nécessiterait probablement une décision de justice.

Pour l'heure, la déclaration du ministre reste une annonce politique, sans acte administratif rendu public. Elle illustre la polarisation extrême autour du conflit israélo-palestinien et de ses représentations culturelles, y compris sur la scène internationale des festivals de cinéma.

Hugo Marchand

Auteur

Correspondant international

Hugo Marchand couvre pour Reel Pink l’actualité, la politique, l’économie, la société et la culture. Son travail met l’accent sur la vérification, le contexte et la clarté pour les lecteurs.