Le Sénat américain a fait progresser mardi un nouveau paquet de sanctions contre la Russie, une mesure de grande envergure qui bénéficie d'un large soutien des républicains et des démocrates. Le vote de procédure, qui a recueilli une majorité écrasante, permet au texte d'avancer vers un vote final au Sénat, avant d'être transmis à la Chambre des représentants pour adoption.
Le projet de loi, initié par le sénateur républicain Lindsey Graham avant son décès le 11 juillet, prévoit des sanctions économiques sans précédent. Il impose des droits de douane de 500 % sur les importations de pétrole et de gaz russes. En outre, il cible les principaux pays importateurs de ces hydrocarbures, comme la Chine et l'Inde, avec des droits de douane de 100 %. Le texte étend également les sanctions personnelles contre le président Vladimir Poutine et d'autres hauts responsables russes. Une innovation majeure réside dans le ciblage de la « flotte fantôme » russe, ces navires utilisés par Moscou pour contourner les embargos occidentaux, notamment le plafonnement du prix du pétrole imposé par le G7.
Le vote est intervenu de manière symbolique le premier jour des funérailles de Lindsey Graham, un ardent défenseur de l'Ukraine. Volodymyr Zelensky, présent à Washington pour rendre hommage au sénateur, a été reçu à la Maison-Blanche par Donald Trump. Le président ukrainien a salué une « bonne rencontre » avec son homologue américain, au cours de laquelle ils ont discuté de la production de missiles Patriot en Ukraine. Zelensky a également rencontré plusieurs sénateurs pour plaider en faveur des sanctions, contribuant au large soutien au projet.
La Chine, l'un des plus grands acheteurs de pétrole russe, s'est opposée à ces sanctions. Mi-juillet, Pékin a dénoncé une politique de « deux poids, deux mesures » de la part de Washington. Ces nouvelles mesures pourraient accroître les tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine, tandis que l'Inde, autre importateur majeur, pourrait également être affectée. Les sanctions visent à réduire les revenus pétroliers et gaziers de la Russie, qui financent son effort de guerre en Ukraine.
Sur le terrain, les combats se poursuivent. Le même jour, une frappe russe a fait quatre blessés à Mykolaïv, dans le sud de l'Ukraine, et un navire civil libérien a été attaqué par Moscou dans la région d'Odessa. Par ailleurs, plus de 390 drones ukrainiens ont ciblé la région de Moscou, endommageant des habitations, selon les autorités russes. Ces événements rappellent l'urgence du soutien occidental à Kiev.
Le nouveau paquet de sanctions doit encore franchir des étapes législatives. Le Sénat doit voter sur le fond, puis la Chambre des représentants doit l'adopter. La Maison-Blanche a donné son accord au texte avant le décès de Lindsey Graham, ce qui laisse présager une adoption effective. Si elle est promulguée, cette loi marquerait une escalade dans l'arsenal économique américain contre la Russie, ciblant non seulement ses exportations d'énergie mais aussi ses méthodes de contournement. Le large consensus bipartisan reflète la détermination de Washington à soutenir l'Ukraine face à l'agression russe.
Ces mesures interviennent alors que la guerre en Ukraine dure depuis plus de quatre ans. Les sanctions antérieures n'ont pas suffi à freiner la machine de guerre russe. Ce nouveau train de sanctions, par son ampleur et ses mécanismes inédits, pourrait changer la donne en renforçant la pression sur Moscou. Les pays importateurs d'hydrocarbures russes, notamment en Asie, devront faire un choix entre leurs intérêts économiques et leur alignement sur les sanctions occidentales.



