Plus de 600 000 personnes déplacées par le conflit entre Israël et le Hezbollah sont retournées dans leurs foyers au Liban depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu, a annoncé l'Organisation internationale pour les migrations (OIM). Cette agence des Nations unies précise que ce mouvement de retour massif concerne principalement des familles qui avaient fui les combats intenses dans le sud du pays et dans la banlieue sud de Beyrouth. Le nombre de retours, enregistré sur une période de plusieurs semaines, témoigne de l'ampleur des déplacements provoqués par le conflit le plus meurtrier qu'ait connu le Liban depuis des décennies.

Selon les données de l'OIM, la majorité des déplacés sont originaires de régions durement touchées par les bombardements israéliens, notamment le sud du Liban, la vallée de la Bekaa et les quartiers sud de la capitale. Le cessez-le-feu, négocié sous médiation américaine et française, est entré en vigueur le 27 novembre 2024, mettant fin à plus de deux mois d'affrontements ouverts entre l'armée israélienne et le Hezbollah. L'accord prévoit le retrait progressif des forces israéliennes du sud du Liban et le déploiement de l'armée libanaise dans cette zone stratégique, conformément à la résolution 1701 du Conseil de sécurité des Nations unies.

Le retour des déplacés reste toutefois très inégal selon les localités. Si des milliers de familles ont pu regagner leurs maisons dans les zones moins exposées, le retour dans les localités méridionales proches de la frontière avec Israël demeure largement en suspens. Ces villages, qui ont été le théâtre des combats les plus violents, sont en grande partie détruits. Les infrastructures y sont anéanties, les routes impraticables et les risques liés aux munitions non explosées restent élevés. L'OIM et d'autres organisations humanitaires mettent en garde contre un retour précipité dans ces zones, appelant à une évaluation minutieuse des conditions de sécurité.

Le conflit a provoqué le déplacement de plus d'un million de personnes au Liban, selon les estimations des autorités locales et des agences onusiennes. Les bombardements israéliens ont causé des destructions massives dans les zones considérées comme des bastions du Hezbollah, notamment dans la banlieue sud de Beyrouth, où des quartiers entiers ont été rasés. De nombreuses familles déplacées avaient trouvé refuge dans des écoles, des centres communautaires ou chez des proches dans d'autres régions du pays, notamment à Beyrouth et dans le nord du Liban. La pression sur les infrastructures d'accueil a été considérable, dans un pays déjà en proie à une grave crise économique et politique.

L'armée libanaise a commencé à se déployer dans le sud du pays, conformément aux termes de l'accord de cessez-le-feu. Ce déploiement vise à garantir que la zone située entre le fleuve Litani et la frontière israélienne soit libre de toute présence armée non étatique, une disposition clé de la résolution 1701. Le Hezbollah, qui contrôle de facto cette région depuis des années, a accepté de retirer ses combattants et ses infrastructures militaires au nord du Litani. Toutefois, la mise en œuvre de cet engagement reste fragile, et des violations ont été signalées des deux côtés depuis l'entrée en vigueur de la trêve.

La communauté internationale suit de près l'évolution de la situation. Les États-Unis et la France, qui ont coprésidé les négociations, ont appelé à la pleine mise en œuvre de l'accord. Le secrétaire général des Nations unies, António Guterres, a salué le cessez-le-feu tout en soulignant la nécessité de garantir un accès humanitaire sans entrave aux populations touchées. L'ONU a également exhorté les parties à respecter le droit international humanitaire et à permettre le retour en toute sécurité des déplacés. Plusieurs pays donateurs ont promis une aide financière pour la reconstruction des zones sinistrées, mais les besoins sont immenses et le Liban, englué dans une crise politique et économique sans précédent, peine à mobiliser les ressources nécessaires.

Pour les centaines de milliers de Libanais qui ont déjà regagné leurs foyers, le défi est désormais celui de la reconstruction et de la reprise d'une vie normale. Beaucoup retrouvent des maisons endommagées ou détruites, des commerces fermés et des champs dévastés. Les autorités locales, soutenues par des organisations internationales, tentent d'organiser l'aide d'urgence, mais les moyens sont limités. L'OIM a indiqué qu'elle continuait à fournir une assistance aux personnes déplacées et aux communautés d'accueil, notamment sous forme de nourriture, d'eau, de soins de santé et d'abris temporaires. L'agence onusienne a également appelé à un financement accru pour faire face à la crise humanitaire qui persiste malgré la fin des hostilités.

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Rédactrice culture

Léa Renard couvre pour Reel Pink l’actualité, la politique, l’économie, la société et la culture. Son travail met l’accent sur la vérification, le contexte et la clarté pour les lecteurs.