L'Agence internationale de contrôle (ITA) a annoncé mardi que l'ensemble des coureurs du Tour de France ont été soumis à un contrôle sanguin lors de la journée de repos, lundi. Cette opération massive, menée avec le soutien de l'Agence française de lutte contre le dopage (AFLD), s'inscrit dans le cadre du programme antidopage fondé sur le renseignement et l'évaluation des risques pour la course.

Dans un communiqué publié mardi soir, l'ITA précise que cette « vaste mission de contrôle sanguin dans le cadre du Passeport biologique de l'athlète » a concerné tous les coureurs encore en lice. L'organisme indépendant, auquel l'Union cycliste internationale (UCI) a délégué son programme antidopage depuis 2021, explique que cette vague de tests complète les contrôles standards précompétition effectués avant le grand départ à Barcelone le 4 juillet, ainsi que les tests déjà réalisés pendant la course.

Le recueil d'échantillons sanguins supplémentaires permet à l'ITA d'évaluer les variations de marqueurs biologiques hématologiques pertinents et de renforcer le suivi longitudinal du profil individuel de chaque coureur. Le passeport biologique de l'athlète, introduit dans le cyclisme en 2008, ne cherche pas à détecter directement une substance ou une méthode interdite, mais surveille dans le temps certaines variables biologiques afin d'identifier des changements susceptibles d'indiquer des effets du dopage.

Plusieurs équipes du Tour de France, dont Red Bull Bora, Decathlon CMA CGM et Groupama-FDJ, avaient confirmé mardi avoir reçu la visite des inspecteurs de l'ITA la veille. Contrairement aux tests subis en pleine nuit dimanche par Jonas Vingegaard et Tadej Pogacar, jugés « inhumains » par de nombreux coureurs, les contrôles de lundi ont été effectués à des heures plus traditionnelles, même si certains athlètes étaient déjà au lit.

Cette opération sans précédent intervient dans un contexte de vigilance accrue autour du dopage dans le cyclisme. L'ITA a souligné que cette mission de contrôle sanguin s'inscrit dans une approche fondée sur le renseignement et l'évaluation des risques, visant à dissuader toute tentative de tricherie. Les échantillons prélevés seront analysés pour détecter d'éventuelles anomalies dans les profils biologiques des coureurs.

Les réactions dans le peloton sont partagées. Si certains coureurs saluent la rigueur des contrôles, d'autres dénoncent des méthodes jugées intrusives, notamment les tests nocturnes. Le Slovène Matej Mohoric a affirmé avoir été réveillé à 5 heures du matin pour un contrôle, dénonçant un traitement de faveur à l'égard du Français Paul Seixas, bien placé au classement général. Ces tensions illustrent les défis auxquels font face les instances antidopage pour concilier efficacité des contrôles et respect des conditions de repos des athlètes.

L'ITA rappelle que la lutte contre le dopage est une priorité absolue pour préserver l'intégrité du sport. Cette opération massive de contrôle sanguin, la plus étendue jamais réalisée sur un Tour de France, envoie un message fort aux coureurs et au public: la tolérance zéro reste de mise dans le cyclisme professionnel.