Le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a fermement défendu, jeudi 30 juillet, l'arrêté d'expulsion pris à l'encontre de Xenia Fedorova, chroniqueuse prorusse. Interrogé sur BFMTV, il a affirmé que cette décision ne constituait « pas une atteinte à la liberté d'expression », mais relevait d'une mesure nécessaire pour protéger les intérêts fondamentaux de la nation. « On est sur un sujet qui est très grave, qui est celui d'une atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation », a-t-il déclaré, accusant la ressortissante russe de « relayer purement et simplement la propagande russe » sur le territoire français.
Depuis la signature de l'arrêté, Xenia Fedorova est assignée à résidence et doit se présenter chaque jour au commissariat, selon une source proche du dossier. Parallèlement, elle a déposé un recours contre cette mesure d'expulsion. Ancienne directrice de la chaîne russe RT en France, interdite dans l'Union européenne depuis mars 2022 après l'invasion de l'Ukraine par la Russie, elle défend régulièrement les positions du Kremlin dans les médias du groupe de Vincent Bolloré, notamment sur Canal+ et Lagardère, ses employeurs.
Le ministre a estimé que la propagande russe « vise à saper le fonctionnement démocratique en France ». Il a toutefois nuancé son propos en ajoutant que « ceux qui portent des théories comme celle que développait cette personne vont continuer à être diffusées ». Il a cité, à cet égard, Florian Philippot et Thierry Mariani, jugeant leurs prises de position proches de celles de Xenia Fedorova.
La veille de l'intervention du ministre, les groupes Canal+ et Lagardère, ainsi que la chroniqueuse elle-même, avaient dénoncé « une atteinte particulièrement grave à la liberté d'expression et au pluralisme des opinions ». Une partie du Rassemblement national a salué la lutte contre l'ingérence russe tout en dénonçant un « deux poids deux mesures », tandis que d'autres élus et figures du camp ont critiqué une censure politique. La polémique intervient après la révélation, fin mai, de la prolongation en 2024 pour dix ans du titre de séjour de Xenia Fedorova, âgée de 45 ans.
Cette affaire soulève des questions sur l'équilibre entre sécurité nationale et liberté d'expression. Pour Laurent Nuñez, la décision est claire: protéger les intérêts français face à une propagande étrangère jugée dangereuse. Le recours déposé par Xenia Fedorova devra être examiné par la justice, tandis que son assignation à résidence reste en vigueur.



