Marine Tondelier, cheffe des Écologistes, a exhorté lundi 27 juillet Emmanuel Macron à convoquer sans délai les responsables des principales forces politiques du pays, afin de faire face à ce qu'elle qualifie de « gravité de la situation » climatique. Alors que la France s’apprête à connaître mardi sa quatrième vague de chaleur depuis le début de l’année, Mme Tondelier estime que l’été en cours représente un « été de bascule » face au dérèglement climatique, et qu’une réponse politique à la hauteur des enjeux est indispensable.

« À la fin de cette crise-là, tout le monde ne pourra pas reprendre sa vie comme prévu, il va falloir changer de logiciel », a déclaré la responsable écologiste, en référence à la multiplication des incendies qui ravagent plusieurs régions françaises et européennes. Elle appelle à une réunion de crise qui irait au‑delà des simples consultations bilatérales, afin de définir une stratégie commune face à l’urgence climatique. Selon elle, les politiques environnementales « régressent » alors que les dégâts progressent.

Le président Emmanuel Macron s’est rendu en Gironde lundi, après avoir présidé une nouvelle cellule de crise sur les feux de forêts. Le gouvernement tente d’étouffer les polémiques sur les moyens alloués à la sécurité civile pour lutter contre les incendies. Plusieurs syndicats de pompiers dénoncent un manque de moyens humains et matériels alors que les feux se multiplient. La visite présidentielle intervient dans un contexte de pression croissante, tant sur le plan opérationnel que politique.

En Espagne voisine, la situation est également critique. Un incendie toujours actif dans les régions de Madrid, Tolède et Avila a déjà ravagé près de 77 000 hectares, soit sept fois la superficie de Paris. Les conditions météorologiques sont défavorables et la vague de chaleur annoncée à partir de mardi 28 juillet pourrait aggraver la situation. Là‑bas aussi, les tensions politiques et syndicales compliquent la riposte des autorités.

Pour Marine Tondelier, la crise actuelle ne peut plus être traitée comme un phénomène saisonnier exceptionnel. Elle insiste sur la nécessité d’une mobilisation politique durable, et non de simples réactions ponctuelles. « Les dégâts progressent et les politiques environnementales régressent », a‑t‑elle résumé, appelant à un sursaut collectif. La demande de la cheffe des écologistes intervient alors que le gouvernement français est sous le feu des critiques pour sa gestion des incendies et son bilan climatique.

Les associations environnementales et plusieurs élus locaux soutiennent la demande de Marine Tondelier. Ils estiment que le chef de l’État doit dépasser les clivages partisans pour élaborer un plan d’urgence sur le climat, incluant des mesures de prévention, de renforcement des moyens de lutte contre les incendies et d’adaptation au réchauffement. La réunion réclamée pourrait avoir lieu dans les prochains jours si le président donne suite à cet appel.