Le groupe TotalEnergies a publié ce jeudi un bénéfice net de 5,4 milliards de dollars pour le deuxième trimestre 2026, un chiffre qui double celui de 2,7 milliards de dollars enregistré un an plus tôt. Cette performance exceptionnelle est directement liée à l'envolée des prix des hydrocarbures provoquée par le conflit au Moyen-Orient. Selon les analystes consultés par Factset et Bloomberg, ce résultat dépasse légèrement les prévisions, qui tablaient sur un bénéfice compris entre 5,26 milliards d'euros et 6,11 milliards de dollars.
Le PDG de TotalEnergies, Patrick Pouyanné, s'est félicité de ces résultats dans un communiqué, soulignant que « dans un environnement de prix élevé en lien avec le conflit au Moyen-Orient, TotalEnergies tire parti de son modèle intégré et de sa diversification ». L'entreprise avait déjà annoncé en avril un bond de 51 % de son bénéfice net pour le premier trimestre, porté par la guerre entre les États-Unis et l'Iran. Sur l'ensemble du premier semestre 2026, le bénéfice net atteint 11,2 milliards de dollars, en hausse de 73 % sur un an, dépassant même les 10,6 milliards de dollars de 2022, année marquée par le déclenchement de la guerre en Ukraine.
Cette nouvelle performance a immédiatement relancé le débat sur la taxation des « super-profits » des multinationales pétrolières. Alors que le groupe est régulièrement critiqué pour la faiblesse de son impôt sur les sociétés en France au regard de ses bénéfices mondiaux, plusieurs organisations non gouvernementales ont vivement réagi. Une coalition comprenant Greenpeace France,, le CCFD-Terre Solidaire, Notre Affaire à Tous, le Réseau Action Climat et Oxfam France a dénoncé des profits « particulièrement indécents » dans un contexte de canicules successives liées au changement climatique, dont l'industrie pétrolière et gazière est largement responsable.
De son côté, la porte-parole du gouvernement et ministre déléguée à l'Énergie, Maud Bregeon, a refusé de s'engager dans ce qu'elle appelle le « Total bashing ». Elle a rappelé que TotalEnergies est « une chance d'avoir en France un grand énergéticien mondial capable d'assurer l'approvisionnement des Français » et de contribuer à « tirer les prix vers le bas » grâce au plafonnement des carburants dans les stations-service du groupe. Ce mécanisme de limitation des prix à la pompe a été relancé mercredi en raison de la reprise des hostilités au Moyen-Orient.
En parallèle, le groupe a indiqué que sa production de pétrole et de gaz a bénéficié d'une croissance organique de plus de 4 % sur un an, portée par la montée en puissance de projets lancés au Brésil, aux États-Unis et en Libye. Ces nouveaux développements ont permis de compenser en partie les pertes de production au Moyen-Orient, estimées à environ 210 000 barils équivalent pétrole par jour en moyenne sur le trimestre. Cette situation illustre la capacité du groupe à s'adapter aux tensions géopolitiques tout en maintenant une croissance de sa production.
Les appels à une taxation accrue des bénéfices des géants pétroliers se multiplient alors que les ménages français continuent de subir des prix élevés à la pompe. Les ONG estiment que ces profits records devraient être mis à contribution pour financer la transition énergétique et aider les populations les plus vulnérables face à la crise climatique. Le débat promet de s'intensifier dans les semaines à venir, alors que le gouvernement doit présenter son projet de loi de finances pour 2027.



