Le football a réservé une nouvelle soirée de folie lors des 16es de finale de la Coupe du monde 2026. Menée 2-0 à dix minutes de la fin du temps réglementaire, la Belgique a renversé le Sénégal 3-2 au terme d'une prolongation haletante, tandis que les États-Unis, l'un des trois pays hôtes, ont tranquillement écarté la Bosnie-Herzégovine 2-0. Les deux vainqueurs s'affronteront mardi 7 juillet à Seattle pour une place en quarts de finale.
Le scénario du match entre la Belgique et le Sénégal restera comme l'un des plus spectaculaires de ce Mondial. Les Lions de la Teranga, portés par un public en fusion, ont dominé les débats pendant plus de 80 minutes. Après l'ouverture du score, Ismaïla Sarr a inscrit un but d'anthologie à la 51e minute: contrôlant parfaitement un long ballon de la poitrine, l'ancien Marseillais a ajusté Thibaut Courtois d'une demi-volée chirurgicale. Un chef-d'œuvre qui semblait sceller le sort des Diables Rouges.
Mais la Belgique n'a jamais abdiqué. Rudi Garcia, le sélectionneur français des Belges, a pris un risque en sortant Kevin De Bruyne à la 56e minute, un choix qui a suscité des interrogations mais s'est avéré payant. « On connaît ces équipes, elles perdent la maîtrise tactique vers la fin du match. À 2-0, on savait qu'ils feraient tout pour préserver leur but, ce qui est à mon avis une grave erreur », a-t-il déclaré après la rencontre. Ses joueurs ont réduit l'écart avant d'égaliser dans le temps additionnel, forçant la prolongation.
Le tournant du match est survenu dans les derniers instants de la prolongation. L'arbitre a accordé un penalty à la Belgique pour une faute légère de Lamine Camara sur Youri Tielemans. Une décision controversée qui a enflammé les réseaux sociaux, mais que le sélectionneur sénégalais Pape Thiaw a refusé de commenter en conférence de presse. Tielemans a transformé le penalty, offrant une victoire arrachée aux forceps à son équipe. « Sur le penalty, c'est assez clair, il me prend par-derrière. Les décisions de l'arbitre ont changé le match, oui, mais ce n'était pas injuste », a estimé le double buteur belge.
Dans l'autre rencontre de la nuit, les États-Unis ont assuré l'essentiel face à la Bosnie-Herzégovine. Folarin Balogun a ouvert le score juste avant la mi-temps (45e), mais a ensuite été expulsé pour un geste d'humeur. L'attaquant de Monaco rejoint ainsi un panthéon prestigieux: celui des joueurs ayant marqué et reçu un carton rouge lors d'un match à élimination directe en Coupe du monde, aux côtés de Zinedine Zidane, Ronaldinho et Garrincha. Malgré cette infériorité numérique, les Américains ont tenu bon et doublé la mise en seconde période pour s'imposer 2-0.
Les trois pays hôtes — États-Unis, Canada et Mexique — affichent désormais un bilan parfait sur la route des huitièmes de finale. Le Canada et le Mexique s'étaient déjà qualifiés lors des tours précédents, confirmant la force de l'organisation collective.
La polémique autour de l'arbitrage du match Belgique-Sénégal n'a pas épargné Rudi Garcia, dont les déclarations ont été jugées provocatrices par certains observateurs. « Rappelez-moi, quand on mènera 2-0, de ne pas faire ça! Parce que quand vous prenez un but comme ils l'ont pris à 2-1, le match a changé d'âme », a-t-il lancé, en référence à la gestion tactique du Sénégal en fin de match. Des propos qui ont ravivé les tensions entre les deux camps.
Le programme de la nuit prochaine promet d'autres émotions. Le Portugal de Cristiano Ronaldo affronte la Croatie dans un choc européen à fort potentiel, tandis que l'Espagne, championne du monde 2010, défie l'Autriche. La Suisse et l'Algérie clôtureront cette session nocturne. L'Espagne n'a plus remporté le moindre match à élimination directe en Coupe du monde depuis son sacre en 2010, une statistique qui pèse sur ses épaules.
La Coupe du monde 2026, coorganisée par les États-Unis, le Canada et le Mexique, continue de livrer son lot de surprises et de rebondissements. Avec des matches à élimination directe aussi serrés, la compétition s'annonce haletante jusqu'à la finale prévue le 19 juillet.



