La FIFA a annoncé ce dimanche l’annulation du carton rouge infligé à l’attaquant américain Folarin Balogun lors du seizième de finale de la Coupe du monde 2026 contre la Bosnie-Herzégovine. Le joueur pourra donc disputer le huitième de finale prévu lundi à Seattle face à la Belgique. Cette décision, rendue par la commission de discipline de l’instance, a immédiatement suscité des réactions politiques, le président américain Donald Trump remerciant publiquement la FIFA sur sa plateforme Truth Social.
« Merci à la FIFA d’avoir fait ce qu’il fallait et d’avoir réparé une grande injustice! », a écrit Donald Trump quelques minutes après l’annonce officielle. Le président américain a-t-il joué un rôle dans cette affaire? Selon plusieurs journalistes anglo-saxons proches des cercles de la FIFA, Donald Trump aurait directement contacté son ami Gianni Infantino, le président de l’instance, pour demander une faveur. Dès le lendemain du match, l’affaire avait pris une tournure politique: le secrétaire d’État américain Marco Rubio avait déclaré que les joueurs américains s’étaient fait « entuber » avec cette décision arbitrale, laissant entendre qu’une procédure d’appel serait nécessaire.
La commission de discipline de la FIFA a justifié sa décision en modifiant la sanction initiale: le match de suspension ferme a été transformé en match de suspension avec sursis, assorti d’une période probatoire d’un an. L’instance s’est appuyée sur l’article 27 de son règlement disciplinaire, qui permet de suspendre totalement ou partiellement l’application d’une mesure disciplinaire. Ce même article avait déjà bénéficié à Cristiano Ronaldo après un carton rouge reçu contre l’Irlande à l’automne dernier, qui aurait pu lui coûter une suspension pour le début de la Coupe du monde.
La fédération américaine de football, qui avait initialement accepté l’idée de ne pas récupérer son joueur star avant les quarts de finale, s’est réjouie de cette décision. « Nous acceptons la décision de la commission disciplinaire et nous nous réjouissons que Folarin Balogun soit autorisé à jouer », a-t-elle déclaré dans un communiqué. Cette annulation ouvre cependant la voie à des accusations de favoritisme, notamment de la part de la Belgique, prochain adversaire des États-Unis. Plusieurs observateurs s’interrogent sur les conséquences de cette décision pour le reste de la compétition, craignant que d’autres fédérations ne demandent des traitements similaires.
Selon les informations du journal L’Équipe, la fédération française de football aurait déjà décidé de demander à la FIFA de retirer le carton jaune jugé « totalement injustifié » adressé à Michael Olise, qui pourrait lui coûter cher en cas de nouvel avertissement. Cette situation met en lumière les zones d’ombre du règlement disciplinaire de la FIFA, qui permet à l’instance de blanchir des joueurs selon ses intérêts. La décision concernant Balogun intervient dans un contexte politique tendu, alors que les États-Unis co-organisent la Coupe du monde 2026 avec le Mexique et le Canada, et que Donald Trump cherche à capitaliser sur l’événement.
Le match entre les États-Unis et la Belgique, prévu lundi soir à Seattle, sera donc l’occasion de voir si l’attaquant américain, désormais autorisé à jouer, pourra faire la différence. Mais au-delà de l’aspect sportif, cette affaire soulève des questions sur l’indépendance de la FIFA et sur l’influence politique dans les décisions disciplinaires. La commission de discipline devra répondre aux critiques, alors que la compétition entre dans sa phase décisive.



