À l’issue de la demi-finale de la Coupe du monde de football 2026, remportée face à l’Angleterre (2-1) mercredi 15 juillet à Atlanta, plusieurs joueurs de l’équipe d’Argentine ont brandi une banderole sur laquelle était inscrit « Les Malouines sont argentines ». Ce geste, immédiatement relayé sur les réseaux sociaux et dans les médias internationaux, a relancé un vieux litige territorial entre les deux pays, qui avait dégénéré en conflit armé en 1982.
La banderole a été déposée sur la pelouse par le milieu de terrain Giovani Lo Celso, entouré de plusieurs coéquipiers, au moment des célébrations de la qualification pour la finale. L’archipel des Malouines, situé dans l’Atlantique Sud, est sous administration britannique depuis 1833, mais Buenos Aires n’a jamais cessé de revendiquer sa souveraineté. La guerre des Malouines, qui opposa l’Argentine au Royaume-Uni en 1982, s’était soldée par une défaite argentine et la mort de 649 soldats argentins et 255 britanniques.
Le président argentin Javier Milei, présent aux États-Unis pour assister au match, a rapidement cherché à apaiser la polémique. Interrogé par la presse, il a déclaré qu’« il ne faut pas tout mélanger », tout en réaffirmant la position historique de l’Argentine sur la question. « Les Malouines sont argentines, c’est une position constante de notre diplomatie, mais le sport ne doit pas être instrumentalisé », a-t-il ajouté, selon des propos rapportés par plusieurs médias locaux.
La Fédération internationale de football (FIFA) n’a pas encore réagi officiellement à cet incident. Toutefois, selon le règlement de l’instance, les messages politiques sont interdits lors des compétitions. Des précédents, comme l’exclusion de joueurs ayant arboré des slogans politiques, pourraient servir de référence. La fédération argentine de football (AFA) n’a pas commenté dans l’immédiat, mais des sources proches du vestiaire indiquent que le geste n’avait pas été prémédité collectivement.
En Angleterre, la réaction a été vive. Plusieurs anciens joueurs et responsables politiques ont exprimé leur indignation, estimant que le football ne devrait pas être mêlé à des contentieux historiques. Le ministère britannique des Affaires étrangères a rappelé que « les îles Malouines sont un territoire britannique d’outre-mer, et leur statut n’est pas négociable sans le consentement de leurs habitants ». Un référendum organisé en 2013 avait montré que 99,8 % des Malouins souhaitaient rester britanniques.
Ce n’est pas la première fois que le football argentin sert de vecteur à des revendications nationalistes. En 2022, après la victoire en Coupe du monde, des joueurs avaient déjà chanté des chansons évoquant les Malouines. La rivalité sportive entre l’Argentine et l’Angleterre est ancienne, marquée notamment par le match de quart de finale de 1986, où Diego Maradona avait marqué le but de la « main de Dieu ».
La polémique intervient alors que les relations diplomatiques entre Buenos Aires et Londres sont déjà tendues. Le gouvernement Milei, bien que libéral et pro-occidental, maintient une ligne ferme sur la souveraineté des Malouines. En mars 2026, l’Argentine avait déposé une nouvelle plainte auprès des Nations unies pour relancer les négociations, sans succès.
Sur le plan sportif, l’Argentine se prépare désormais pour la finale du Mondial, prévue dimanche 19 juillet. L’équipe de Lionel Scaloni tentera de décrocher un troisième titre mondial, après 1978 et 2022. Mais l’ombre de la banderole pourrait planer sur la compétition, la FIFA étant susceptible d’ouvrir une enquête disciplinaire. En attendant, le geste des joueurs a ravivé les passions des deux côtés de l’Atlantique, rappelant que le football peut parfois dépasser le cadre du simple divertissement.



