Une grande prière a été organisée ce dimanche 5 juillet à la Grande Mosalla de Téhéran, où est exposé le cercueil de l'ancien guide suprême iranien Ali Khamenei, au deuxième jour d'obsèques nationales qui ont déjà rassemblé une foule massive. L'événement, qui se déroule en présence de milliers de fidèles venus de tout le pays, est marqué par une absence notable: celle de Mojtaba Khamenei, le fils du défunt et son successeur désigné à la tête de l'État iranien.

Dimanche et lundi ont été déclarés jours fériés dans tout le pays par les autorités iraniennes, afin de permettre à la population de se rendre dans la capitale pour se recueillir devant la dépouille de l'ancien guide suprême. Cette décision vise à faciliter l'afflux massif de citoyens souhaitant rendre un dernier hommage à celui qui a dirigé l'Iran pendant plusieurs décennies. Les funérailles doivent se poursuivre dans d'autres villes d'Iran ainsi que dans l'Irak voisin, où Khamenei bénéficie également d'une forte influence auprès de certaines communautés chiites.

L'absence de Mojtaba Khamenei, pourtant pressenti pour succéder à son père à la tête du régime, suscite de nombreuses interrogations au sein de la classe politique iranienne et dans les chancelleries étrangères. Alors que les médias d'État avaient largement préparé l'opinion à une transition dynastique, son absence lors de cette cérémonie majeure alimente les spéculations sur d'éventuelles dissensions internes ou des problèmes de sécurité. Aucune explication officielle n'a été fournie pour justifier cette absence, ce qui renforce les incertitudes quant à la succession au sein du régime.

Les funérailles nationales d'Ali Khamenei, qui se déroulent sur plusieurs jours, constituent un moment clé pour l'Iran, tant sur le plan intérieur que sur la scène internationale. La foule rassemblée à Téhéran témoigne de l'importance du personnage dans l'histoire récente du pays, mais aussi de la capacité de mobilisation du régime. Les autorités ont déployé un important dispositif de sécurité pour encadrer les cérémonies, alors que le pays traverse une période de tensions accrues avec ses voisins et avec les puissances occidentales.

Au-delà de l'hommage populaire, ces obsèques offrent une vitrine au régime iranien, qui cherche à afficher son unité et sa stabilité après la disparition de son guide suprême. La présence de délégations étrangères, bien que limitée en raison des sanctions internationales, est également scrutée de près. L'absence de Mojtaba Khamenei, qui devait incarner la continuité du pouvoir, pourrait toutefois jeter une ombre sur cette démonstration de force et relancer les débats sur l'avenir politique de l'Iran.

Les prochains jours verront le cortège funèbre se déplacer vers d'autres grandes villes iraniennes, notamment Machhad et Qom, avant de se rendre en Irak, où des cérémonies sont prévues à Nadjaf et Kerbala, deux lieux saints du chiisme. Ces étapes permettront aux fidèles de différentes régions de participer à l'hommage, tout en offrant au régime l'occasion de consolider son assise populaire. L'issue de cette séquence funéraire sera déterminante pour l'équilibre politique interne, alors que les spéculations sur la succession et les rapports de force au sein du clergé chiite restent vives.

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Rédactrice culture

Léa Renard couvre pour Reel Pink l’actualité, la politique, l’économie, la société et la culture. Son travail met l’accent sur la vérification, le contexte et la clarté pour les lecteurs.