L'équipe de France a été éliminée de la Coupe du monde 2026 en demi-finale, battue 2-0 par l'Espagne à l'AT&T Stadium de Dallas. Une défaite cinglante qui a laissé les Bleus sans voix, et leur capitaine Kylian Mbappé particulièrement amer. « Ce n'est pas digne d'une demi-finale de Coupe du monde », a-t-il déclaré au micro de M6, sans chercher d'excuses. « On n'a pas fait le match qu'on voulait faire, que ce soit tactiquement ou même techniquement. L'Espagne a dicté son tempo, c'était à nous de changer ce rapport de force. On a échoué. »
Dès le coup d'envoi, les hommes de Didier Deschamps ont semblé subir la maîtrise collective de la Roja. Mbappé a souligné un problème structurel au milieu de terrain: « Dès le départ, on s'est retrouvé à 2 contre 3 au milieu, et contre l'Espagne, c'est compliqué. » Cette infériorité numérique a permis aux Espagnols de contrôler le jeu et de dicter le rythme, laissant les Bleus impuissants. Rayan Cherki, interrogé après la rencontre, a été tout aussi lucide: « La seule équipe capable de nous éliminer, c'était nous-mêmes. Et c'est ce qui est arrivé. On a été battus techniquement, tactiquement, dans les duels. »
Cette défaite marque un nouveau revers face à la bête noire des Bleus. Depuis trois ans, l'Espagne a remporté trois demi-finales consécutives contre la France: à l'Euro 2024, en Ligue des nations 2025, et donc lors de ce Mondial 2026. Une série qui interroge sur la capacité de l'équipe de France à rivaliser avec les meilleures nations dans les moments clés. Le sélectionneur espagnol Luis De La Fuente a d'ailleurs glissé un petit tacle après la rencontre, estimant que son équipe affrontait « l'une des meilleures sélections du monde contre la meilleure équipe ».
Les choix tactiques de Didier Deschamps sont au cœur des critiques. La titularisation d'Aurélien Tchouaméni, blessé depuis plusieurs jours et qui avait manqué les deux derniers matchs, a surpris. Le vice-capitaine des Bleus n'a jamais semblé dans le rythme, se cachant souvent entre les deux centraux pour relancer et hésitant dans son placement défensif. Son manque de rythme a pesé lourd dans la désorganisation du milieu de terrain. À l'inverse, Manu Koné, auteur d'un énorme match contre le Maroc, a débuté sur le banc, avant d'entrer à la mi-temps à la place d'Adrien Rabiot. Ce dernier, pourtant le meilleur joueur français en première période avec un nombre incalculable de ballons récupérés, a dû céder sa place en raison d'un carton jaune. Un changement qui s'est avéré préjudiciable, Koné ne parvenant pas à avoir le même abattage.
La non-titularisation de Désiré Doué reste également difficile à expliquer. Bradley Barcola, aligné à sa place, n'a pas démérité et a même été l'offensif le plus en vue, mais l'ancien Rennais offrait une option supplémentaire pour déséquilibrer la défense espagnole. Ces choix, avec le recul, semblent avoir affaibli une équipe qui pourtant faisait peur à ses adversaires depuis le début du tournoi. « On faisait peur à tout le monde », a rappelé Cherki. « La seule équipe capable de nous éliminer, c'était nous-mêmes. »
Cette défaite pourrait bien être la dernière sortie de Didier Deschamps à la tête des Bleus. Après quatorze ans de service, le sélectionneur le plus titré du football français (deux Coupes du monde, une comme joueur, une comme sélectionneur) voit son mandat se terminer sur une note amère. Si son palmarès reste impressionnant, cette élimination face à une Espagne supérieure dans tous les compartiments du jeu laisse un goût d'inachevé. Les Bleus, qui visaient un deuxième titre mondial consécutif après 2018, devront attendre encore quatre ans pour tenter de reconquérir le trophée.
Pour l'Espagne, en revanche, la route continue. La Roja, portée par une génération talentueuse et un collectif rodé, se qualifie pour la finale et affrontera le vainqueur de l'autre demi-finale. Les joueurs de Luis De La Fuente ont montré une maîtrise impressionnante, même sans les fulgurances de leur star Lamine Yamal, qui était loin de son meilleur niveau. Une preuve de la profondeur et de la solidité de cette équipe, qui semble taillée pour le titre.



