La Fédération internationale de football association (FIFA) a annoncé l'ouverture d'une enquête disciplinaire à la suite des incidents violents qui ont émaillé la fin de la finale de la Coupe du monde 2026, dimanche dernier. La rencontre, qui a vu l'Espagne s'imposer face à l'Argentine, a été marquée par des échauffourées entre joueurs après le coup de sifflet final, exposant plusieurs internationaux argentins à des sanctions pouvant aller jusqu'à des suspensions.

Selon les informations rapportées par plusieurs médias, dont le quotidien sportif L'Équipe et le site spécialisé Foot Mercato, l'enquête de la FIFA se concentre sur le comportement de plusieurs joueurs de l'Albiceleste. Leandro Paredes, milieu de terrain argentin, a été expulsé après le match pour avoir, selon les images, saisi Eric García par la gorge avant de projeter Gavi au sol dans une mêlée générale sur la ligne médiane. Par ailleurs, le défenseur Nahuel Molina est accusé d'avoir frappé le capitaine espagnol Rodri à l'estomac alors qu'il courait sur la pelouse pour célébrer la victoire.

Ces incidents surviennent dans un contexte déjà tendu entre les deux sélections. La FIFA examine également les circonstances entourant le déploiement d'une bannière évoquant les îles Malouines (Falklands) lors d'un match précédent de l'Argentine contre l'Angleterre, un geste à forte charge politique qui avait déjà suscité des réactions. L'instance dirigeante du football mondial pourrait alourdir les sanctions si elle établit un lien entre ces provocations et l'escalade de violence observée en finale.

Leandro Paredes, souvent décrit comme le « garde du corps » de Lionel Messi sur le terrain, est au cœur des critiques. Un portrait publié par Le Parisien le qualifie de « pourriture » sur le terrain et de « bad boy » de la finale, soulignant son rôle de joueur dur et provocateur. Son carton rouge direct après le match, le premier de ce type dans une finale de Coupe du monde depuis 2006, pourrait lui valoir une suspension de plusieurs matches internationaux, compromettant sa participation aux prochaines échéances de l'Argentine.

De son côté, Enzo Fernández, autre joueur argentin, a brisé le silence dans les colonnes de Foot Mercato. Sans commenter directement les incidents, il a exprimé sa déception et appelé à « tirer les leçons » de cette défaite amère. Le milieu de terrain de Chelsea a insisté sur la nécessité pour l'équipe de « garder la tête haute » et de se concentrer sur les qualifications pour la prochaine Coupe du monde, tout en reconnaissant que la frustration avait été difficile à gérer.

L'enquête de la FIFA pourrait déboucher sur des sanctions exemplaires, d'autant que l'instance souhaite envoyer un message fort contre la violence dans le football. Les règlements disciplinaires de la FIFA prévoient des suspensions allant de deux à six matches pour des comportements violents, voire des amendes pour les fédérations concernées. La Fédération argentine de football (AFA) risque également une amende pour n'avoir pas su contrôler ses joueurs.

Cette affaire intervient alors que le football argentin traverse une période de turbulences. Après avoir remporté la Coupe du monde 2022 au Qatar, l'équipe de Lionel Scaloni n'a pas réussi à défendre son titre, s'inclinant en finale face à une Roja espagnole impressionnante. Les incidents de dimanche ternissent encore davantage l'image d'une sélection qui avait conquis le cœur des fans par son jeu et sa passion, mais qui est désormais pointée du doigt pour son manque de discipline.

L'Espagne, de son côté, savoure son triomphe. Le capitaine Rodri, ciblé par Molina, a minimisé l'incident en conférence de presse, déclarant que « la joie de la victoire efface tout le reste ». Mais la FIFA ne semble pas disposée à laisser ces faits sans suite. L'enquête devrait durer plusieurs semaines, et les conclusions pourraient être rendues publiques avant le prochain rassemblement international en septembre.

En attendant, le monde du football retient son souffle. Les supporters argentins, déjà déçus par la défaite, redoutent des suspensions qui handicaperaient leur équipe pour les éliminatoires de la Coupe du monde 2030. Quant à Leandro Paredes, son avenir en sélection est désormais incertain. Ce joueur, qui a toujours cultivé une image de guerrier sur le terrain, pourrait payer cher son excès d'agressivité lors de la plus grande scène du football mondial.