Environ 4 500 personnes ont défilé ce dimanche à Narbonne lors d'une marche blanche en hommage à Louis, un adolescent de 17 ans battu à mort fin juin. La foule, majoritairement vêtue de blanc, s'est rendue de l'hôtel de ville jusqu'au chantier où le jeune homme a été abandonné par ses agresseurs avant de succomber à ses blessures trois jours plus tard à l'hôpital. L'émotion était palpable dans le cortège, où des pancartes bleu-blanc-rouge et des slogans comme « La racaille en prison, ni oubli ni pardon » ou « Français, défends-toi, tu es ici chez toi » ont été entendus.

La mère de Louis, qui n'a pas souhaité donner son nom, a pris la parole devant le lieu du drame, accompagnée de sa sœur Marie-Julie Marteau, assistante parlementaire du député RN du Var Philippe Lottiaux. Très émue, elle a d'abord évoqué la guitare de son fils, restée silencieuse à la maison, avant de laisser place à une colère froide. « Je ne veux plus entendre parler d'excuses de minorité », a-t-elle déclaré, avant d'ajouter: « Ce n'est pas entendable que tes assassins ne passent que huit, dix ans de prison ou vingt pour les plus âgés, sans parler de remise de peine pour bonne conduite. »

Elle a ensuite réclamé une peine de trente ans de prison ferme et incompressible pour les cinq suspects, âgés de 16 à 19 ans, mis en examen pour tentative d'assassinat et placés en détention provisoire. « Je me battrai pour qu'ils prennent tous trente ans de peine ferme. Incompressible », a-t-elle martelé sous un tonnerre d'applaudissements. La foule a scandé « Justice pour Louis » à tue-tête. La mère a également promis de « redonner tout son sens au mot perpétuité », suscitant une intervention d'un homme criant « La peine de mort! », rapidement recadré par une femme lui répondant « Oh non, ce n'est pas le moment ».

Le cortège comprenait environ 400 identitaires, selon la police, soit plus que lors du précédent rassemblement une semaine plus tôt, auquel la famille n'avait pas souhaité s'associer pour éviter « toute récupération politique ». La présence des personnalités d'extrême droite Éric Zemmour et Marion Maréchal a marqué cette marche, tandis que des chansons écrites par Louis, grand amateur de guitare, ont été diffusées, dont une dédiée à sa mère: « Maman, écoute, j'ai trop de choses sur le cœur, combien de fois tu as essuyé mes pleurs? »

Les circonstances du drame restent au cœur des préoccupations. Louis a été victime d'un guet-apens fin juin, battu à mort par un groupe de jeunes. Les cinq suspects, dont trois mineurs, ont été mis en examen et placés en détention provisoire. La mère de l'adolescent a déploré que « la justice des hommes telle qu'elle est écrite ne me convient pas », appelant à un durcissement des peines pour les auteurs de violences ayant entraîné la mort, en particulier lorsqu'ils sont mineurs.

Cette marche blanche intervient dans un contexte de tensions autour de la sécurité et de la justice des mineurs. La famille de Louis, qui avait refusé de s'associer au premier rassemblement pour éviter toute instrumentalisation politique, a cette fois pris la parole pour réclamer des sanctions plus sévères. Les organisateurs ont diffusé une chanson que Louis aurait écrite pour sa mère, renforçant l'émotion dans la foule silencieuse, où des larmes coulaient sur les joues des participants.

L'enquête se poursuit pour déterminer les responsabilités exactes de chaque suspect. Les autorités judiciaires devront se prononcer sur les charges retenues, tandis que la famille de Louis entend se constituer partie civile pour obtenir justice. La mère a promis de se battre pour que les agresseurs purgent une peine exemplaire, espérant que ce drame serve de catalyseur pour une réforme de la justice pénale en France.

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Correspondant international

Hugo Marchand couvre pour Reel Pink l’actualité, la politique, l’économie, la société et la culture. Son travail met l’accent sur la vérification, le contexte et la clarté pour les lecteurs.