À deux jours de la demi-finale de la Coupe du monde 2026 entre la France et l'Espagne, une polémique d'une rare virulence a éclaté après les propos de l'ancien Premier ministre espagnol Mariano Rajoy. Dans une tribune publiée vendredi par le média conservateur « El Debate », l'ancien chef du gouvernement a salué le « très haut niveau » de l'équipe de France tout en affirmant qu'elle alignait un effectif « sans Français ». Cette déclaration a immédiatement provoqué une vague de réactions indignées des deux côtés des Pyrénées.

Les propos de Mariano Rajoy ont été perçus comme une attaque raciste par de nombreux responsables politiques français et espagnols. Le Premier ministre espagnol en exercice, Pedro Sánchez, a fermement condamné ces « déclarations xénophobes » lors d'une intervention publique dimanche. « Le football est un sport d'intégration et de diversité, et ces propos n'ont pas leur place dans notre société », a-t-il déclaré, sans citer nommément son prédécesseur mais en faisant référence directe à la polémique.

En France, les réactions ont été tout aussi vives. Plusieurs figures politiques de tous bords ont dénoncé un « racisme crasseux » et une « haine banalisée ». Le député de La France insoumise, Alexis Corbière, a qualifié les propos de Rajoy de « profondément insultants pour des millions de Français et pour les joueurs qui portent fièrement le maillot bleu ». De son côté, le porte-parole du gouvernement français a estimé que ces déclarations « révèlent un mépris inacceptable pour la diversité de notre pays et pour les valeurs républicaines ».

La polémique intervient dans un contexte sportif particulièrement tendu. La demi-finale de la Coupe du monde 2026, qui opposera la France à l'Espagne, est l'un des matches les plus attendus du tournoi. L'équipe de France, championne du monde en 2018 et finaliste en 2022, compte dans ses rangs de nombreux joueurs issus de la diversité, dont Kylian Mbappé, figure emblématique du football mondial. Les propos de Rajoy ont été perçus comme une remise en cause de la légitimité de ces joueurs à représenter la France, ce qui a suscité une indignation générale.

Mariano Rajoy, qui a été Premier ministre de l'Espagne de 2011 à 2018, n'en est pas à sa première controverse. Ancien dirigeant du Parti populaire conservateur, il avait déjà été critiqué pour ses positions sur l'immigration et l'identité nationale. Cette nouvelle polémique intervient alors que les relations entre la France et l'Espagne sont généralement bonnes, mais que les tensions autour de l'identité et de la diversité restent vives dans les deux pays.

Les joueurs de l'équipe de France, de leur côté, n'ont pas réagi publiquement aux propos de Rajoy, préférant se concentrer sur la préparation du match. Kylian Mbappé, capitaine des Bleus, a simplement déclaré en conférence de presse que « l'équipe est unie et déterminée à gagner pour la France, pour tous les Français ». Une réponse sobre mais qui résonne comme un démenti aux accusations de l'ancien Premier ministre espagnol.

La Fédération française de football (FFF) a également réagi par un communiqué, rappelant que « l'équipe de France est le reflet de la diversité de notre pays, et que chaque joueur sélectionné est un Français à part entière ». La FFF a appelé à « ne pas laisser ces propos diviser le sport et la société ».

En Espagne, la polémique a également suscité des réactions au sein du monde politique et sportif. Plusieurs médias espagnols ont critiqué les propos de Rajoy, les qualifiant de « maladroits » et de « contre-productifs » à l'approche d'un match qui devrait être une fête du football. Le sélectionneur espagnol, Luis de la Fuente, a refusé de commenter directement la polémique, mais a souligné que « le football doit être un exemple de respect et d'intégration ».

Cette affaire rappelle que le sport, et en particulier le football, reste un terrain où les questions d'identité et de diversité sont souvent mises en avant. L'équipe de France, avec ses joueurs aux origines multiples, est régulièrement la cible de critiques de la part de certains milieux conservateurs, en France comme à l'étranger. Les propos de Mariano Rajoy s'inscrivent dans cette lignée, mais leur ampleur et la rapidité des réactions montrent que ces attaques sont de moins en moins tolérées.

À l'approche de la demi-finale, la pression est donc maximale sur les épaules des joueurs français et espagnols. Au-delà de l'enjeu sportif, ce match sera aussi l'occasion de montrer que le football peut rassembler au-delà des différences. Les propos de Rajoy, en provoquant une indignation unanime, ont peut-être involontairement renforcé la détermination des Bleus à défendre les couleurs de la France sur le terrain.