Le Maroc défie l’équipe de France ce jeudi 9 juillet à 22 heures en quart de finale de la Coupe du monde 2026. Trois ans et demi après leur dernier duel, en demi-finale du Mondial 2022 au Qatar, les Lions de l’Atlas ont beaucoup changé, à commencer par leur sélectionneur. Nommé à la place de Walid Regragui, Mohamed Ouahbi vit une première expérience réussie à la tête de la sélection nationale. Ce formateur n’avait pourtant dirigé que des équipes de jeunes avant de prendre les commandes de l’équipe A.

Mohamed Ouahbi n’est pas un inconnu dans le monde du football marocain. Ancien joueur, il a été champion du monde U20 avec le Maroc en 2005, un exploit qui reste gravé dans les mémoires. Cette génération dorée, emmenée par des talents comme Mourad Batna, avait marqué l’histoire du football africain. Après sa carrière de joueur, Ouahbi s’est tourné vers la formation, entraînant successivement les équipes de jeunes du Wydad Casablanca, puis la sélection U20 marocaine, avant d’être promu sélectionneur de l’équipe première en 2025.

Son parcours est atypique. Alors que Walid Regragui avait conduit le Maroc à une historique quatrième place au Qatar, son départ pour un club européen a laissé un vide. La Fédération royale marocaine de football a alors choisi de miser sur un homme du sérail, formateur reconnu, plutôt que sur un technicien étranger. Ouahbi a accepté le défi avec humilité, déclarant vouloir « continuer le travail de son prédécesseur tout en apportant sa patte ». Son bilan est éloquent: sous sa direction, le Maroc a remporté ses matchs de qualification pour le Mondial 2026 et a atteint les quarts de finale après avoir éliminé le Canada en huitièmes.

Le match de ce jeudi est donc un test grandeur nature pour le nouveau sélectionneur. Face à une équipe de France solide, championne du monde en titre et emmenée par des joueurs comme Kylian Mbappé, Ouahbi devra faire preuve de sang-froid et de tactique. Les Lions de l’Atlas, portés par un public en fusion, espèrent prendre leur revanche de la demi-finale perdue en 2022. « Nous avons beaucoup progressé, et nous croyons en nos chances », a-t-il confié avant le match.

Le contexte est également particulier. La rencontre se déroule aux États-Unis, à Boston, dans un stade qui promet une ambiance électrique. Les supporters marocains, très nombreux en Amérique du Nord, devraient transformer l’enceinte en un chaudron. Pour Ouahbi, c’est aussi l’occasion de prouver que la formation peut être une voie d’excellence pour le football africain. « Je veux montrer que les entraîneurs locaux ont leur place au plus haut niveau », a-t-il insisté.

Au-delà de l’aspect sportif, ce quart de finale revêt une dimension symbolique forte. France et Maroc entretiennent des liens historiques et humains profonds. La diaspora marocaine en France est l’une des plus importantes, et de nombreux joueurs des deux équipes ont des origines partagées. Ce match est donc aussi une fête du football, un moment de communion et de rivalité amicale. Mais sur le terrain, seuls les 90 minutes compteront.

Mohamed Ouahbi, lui, aborde ce rendez-vous avec sérénité. Il sait que son avenir à la tête de la sélection dépendra en partie de ce résultat. Mais il a déjà gagné le respect de ses joueurs et des observateurs. « C’est un homme calme, qui sait analyser le jeu et qui nous donne confiance », témoigne un cadre de l’équipe. Quoi qu’il arrive, le Maroc semble avoir trouvé un sélectionneur à son image: travailleur, ambitieux et fidèle à ses racines.

Auteur

Correspondant international

Hugo Marchand couvre pour Reel Pink l’actualité, la politique, l’économie, la société et la culture. Son travail met l’accent sur la vérification, le contexte et la clarté pour les lecteurs.