Les États-Unis célèbrent ce samedi un anniversaire historique, celui de leurs 250 ans d'indépendance, dans un climat politique particulièrement tendu et sous une chaleur accablante. Alors que le pays marque ce jalon, le président Donald Trump a choisi de s'attribuer le premier rôle en organisant un meeting politique sur l'esplanade du National Mall à Washington, transformant la fête nationale en une démonstration de force à quelques mois des élections de mi-mandat.

Dans un discours prononcé vendredi soir au pied du Mont Rushmore, dans le Dakota du Nord, Donald Trump a lancé une mise en garde solennelle. Il a affirmé que l'identité américaine subissait ce qu'il a qualifié de « nouvelle offensive » venant de « radicaux et d'extrémistes ». Devant les visages sculptés de quatre de ses prédécesseurs — George Washington, Thomas Jefferson, Abraham Lincoln et Theodore Roosevelt —, le président républicain a dressé un portrait ultra-patriotique du « miracle » américain avant d'alerter sur une « résurgence de la menace communiste sur notre sol ». Cette rhétorique, qu'il utilise de manière répétée, intervient alors que les républicains redoutent que l'impopularité du président ne leur coûte le contrôle du Congrès lors des élections cruciales de novembre prochain, après une série de victoires de candidats de l'aile gauche du Parti démocrate lors des primaires.

Le président a également dénoncé des « radicaux et des extrémistes » qui, selon lui, « s'en prennent à notre incroyable histoire à la moindre occasion » et mènent une « tentative indéniable de nous faire perdre notre esprit américain ». Ces déclarations interviennent alors que le pays traverse une période de profonde division, comme en témoigne un récent sondage de l'université Quinnipiac. Celui-ci révèle que 61 % des Américains estiment que les États-Unis ne sont pas à la hauteur des idéaux énoncés dans la Déclaration d'indépendance de 1776. Johnny Presley, un artiste installé à Los Angeles, résume ce sentiment de désillusion: « J'en ai ras le bol de la manière dont ce pays traite les gens. Ras-le-bol de la manière dont ce pays traite ses voisins. Ras-le-bol de tout un tas de choses. »

La célébration de ce 4 juillet est également marquée par des conditions météorologiques extrêmes. Une vague de chaleur suffocante frappe l'est des États-Unis, avec des températures annoncées à Washington dépassant les 38 °C. Combinée à un air humide, la chaleur ressentie devrait atteindre près de 43 °C. En raison de ce risque, le traditionnel défilé du 4 juillet prévu samedi matin dans la capitale fédérale a été annulé par les organisateurs. Cette touffeur attendue n'a pourtant pas découragé Donald Trump, qui a promis un discours « vraiment long » pour montrer qu'il peut « tout faire », ainsi que le plus grand feu d'artifice au monde: 850 000 fusées pendant quarante minutes, accompagnées de survols aériens et de fanfares militaires interprétant des musiques patriotiques, des classiques américains et « ma playlist », a-t-il lancé.

Il y a une dizaine de jours, le président s'était déjà invité sur le National Mall dans le cadre des festivités des 250 ans, à la veille de l'ouverture de sa « grande foire ». Depuis, l'événement brille surtout par ses visiteurs clairsemés et ses stands vides, contrastant avec l'ambition affichée par la Maison-Blanche. Alors que les États-Unis se souviennent de leurs deux siècles et demi d'histoire, faits de triomphes et de tragédies, d'esclavage et de liberté, de guerre civile et de guerres mondiales, le discours de Donald Trump au Mont Rushmore et son meeting prévu samedi soir illustrent la volonté du président de capitaliser politiquement sur cet anniversaire, dans un pays plus divisé que jamais.

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Correspondant international

Hugo Marchand couvre pour Reel Pink l’actualité, la politique, l’économie, la société et la culture. Son travail met l’accent sur la vérification, le contexte et la clarté pour les lecteurs.