Salon, pionnier de la presse en ligne, ferme après près de trente et un ans
Le site d’information américain Salon cesse son activité après près de trente et un ans d’existence, l’entreprise jugeant son modèle éditorial « plus viable ».
Salon, l’un des pionniers de la presse en ligne, annonce la fermeture de son site après près de trente et un ans d’activité. L’éditeur a fait part de cette décision jeudi, précisant que le site serait hors ligne dès le jour même. En cause, selon l’entreprise, un modèle de publication qui n’est « plus viable ».
Lancé en novembre 1995, Salon fait partie des premières publications nées exclusivement sur internet, à une époque où le média numérique n’en était qu’à ses débuts. Le journal s’est constitué à la suite d’une grève au San Francisco Examiner, des journalistes ayant alors choisi de créer leur propre titre plutôt que de rester dans un quotidien traversé par le conflit social. Parmi les fondateurs figure l’éditeur David Talbot, dont le nom reste associé à l’histoire du titre. Le pari initial était alors audacieux : proposer une publication entièrement pensée pour le réseau, à une période où la plupart des médias traditionnels se contentaient d’une présence secondaire en ligne.
Au fil des années, le site s’était forgé une identité autour de la critique culturelle, d’une ligne politique progressiste et de contenus liés au mode de vie, des thèmes qui ont fait sa réputation auprès d’un lectorat fidèle. Selon le média Variety, qui a rapporté la fermeture à partir de l’annonce de l’entreprise, cette combinaison de sujets caractérisait le titre jusqu’au bout. Cette diversité éditoriale, longtemps présentée comme une force, aura été l’une des marques de fabrique de Salon face à des publications plus spécialisées.
Plusieurs points restent flous à ce stade. L’annonce ne précise pas le nombre exact de salariés concernés ni l’ampleur des licenciements, et aucun chiffre n’a été communiqué sur les effectifs de la rédaction au moment de la fermeture. Le sort des archives du site, qui représentent près de trois décennies de publications, n’a pas non plus été détaillé, pas plus que la question de la propriété des contenus, qui pourrait éventuellement déterminer si ces textes restent accessibles au public. Les données financières qui ont conduit à cette décision n’ont pas été rendues publiques, et l’entreprise s’est limitée à invoquer la durabilité de son modèle économique.
La fermeture de Salon intervient dans un contexte où de nombreux médias en ligne peinent à trouver un équilibre économique. La publicité numérique, largement captée par les grandes plateformes, a fragilisé les revenus des éditeurs indépendants, qui doivent composer avec une audience volatile et des recettes parfois irrégulières. Pour un titre qui a accompagné la naissance du journalisme sur internet, l’arrêt de son activité marque la fin d’une étape de l’histoire du média numérique, et rappelle la fragilité d’un modèle qui a pourtant inspiré une large part de la presse en ligne d’aujourd’hui.
Source: deadline.com
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