Elizabeth Warren met en garde contre un accord entre Paramount et les procureurs généraux
La sénatrice démocrate estime qu'un règlement du litige antitrust avec Paramount Skydance serait une « erreur massive » et un signal dangereux pour la liberté de la presse, alors que l'administration Trump a exclu CNN de la Maison-Blanche.
La sénatrice démocrate Elizabeth Warren a averti qu'un règlement du litige antitrust opposant plusieurs procureurs généraux d'États à Paramount Skydance constituerait une « erreur massive » et ouvrirait la voie à une concentration médiatique dangereuse. Selon elle, l'exclusion récente de CNN de la Maison-Blanche par l'administration Trump illustre déjà les risques qui pèsent sur le pluralisme de l'information.
« Alors que Trump tente d'interdire CNN à la Maison-Blanche, ce n'est qu'un aperçu de ce qui nous attend si Paramount Skydance parvient à un accord avec les États et obtient le feu vert pour fusionner avec Warner Bros », a déclaré l'élue du Massachusetts. Elle a qualifié l'opération de « fusion dangereuse » et appelé la procureure générale de Californie, Rob Bonta, à ne pas céder aux pressions en faveur d'un compromis.
Le litige porte sur le projet de rachat de Warner Bros Discovery par Paramount Skydance, une transaction évaluée à 111 milliards de dollars. Une coalition de procureurs généraux d'États et le syndicat des scénaristes, la Writers Guild of America, contestent cette concentration devant les tribunaux pour atteinte à la concurrence. Des discussions en vue d'un règlement seraient en cours, mais leur état exact restait incertain.
L'opposition à l'accord ne faiblit pas. Des organisations et des élus qui dénonçaient déjà l'opération avant même son annonce continuent de faire pression sur les autorités. Elles estiment qu'un règlement serait « une victoire uniquement pour David Ellison », le patron de Paramount, et non pour les consommateurs ou les salariés du secteur.
Pour Elizabeth Warren, l'enjeu dépasse le cadre strictement économique. La décision de l'administration Trump de priver CNN d'accès à la Maison-Blanche témoigne, selon elle, d'une volonté de peser sur les rédactions. Elle craint qu'une fusion de cette ampleur ne réduise encore davantage la diversité des voix dans les médias américains et ne fragilise l'indépendance éditoriale des chaînes et des studios concernés.
Le dossier intervient dans un contexte de concentration accélérée du paysage audiovisuel. Le rapprochement entre Paramount et Warner Bros Discovery donnerait naissance à un géant capable de contrôler à la fois des studios de cinéma, des chaînes de télévision et des plateformes de streaming. Les partisans de l'opération mettent en avant les synergies industrielles et la capacité à rivaliser avec les acteurs numériques dominants.
Les critiques, eux, redoutent une réduction de l'offre, une hausse des prix pour les abonnés et une diminution du nombre de productions indépendantes. Ils soulignent que les précédentes vagues de consolidation dans les médias se sont souvent traduites par des suppressions de postes et une uniformisation des contenus.
La pression politique s'accentue donc sur les procureurs généraux, sommés de choisir entre un accord négocié et la poursuite d'une bataille judiciaire longue et incertaine. Elizabeth Warren a clairement pris position en faveur de la seconde option, estimant qu'un abandon des poursuites enverrait un signal de faiblesse face aux grandes entreprises et à l'exécutif.
Le dossier devrait rester au centre des débats dans les prochaines semaines, à mesure que les discussions entre les parties avancent. Pour l'instant, aucun calendrier définitif n'a été annoncé, et l'issue de ce bras de fer pourrait redessiner l'équilibre des pouvoirs dans l'industrie du divertissement aux États-Unis.



