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mardi 29 septembre 2026

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« Digger » d'Iñárritu divise la critique malgré Tom Cruise
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Culture

« Digger » d'Iñárritu divise la critique malgré Tom Cruise

Le nouveau film d'Alejandro González Iñárritu, « Digger », porté par Tom Cruise, reçoit des avis très partagés de la presse, entre éloges pour son audace et critiques acerbes sur son ton et son propos.

Le nouveau long-métrage d'Alejandro González Iñárritu, « Digger », porté par Tom Cruise, divise profondément la critique à sa sortie. Le film, qui met en scène l'homme le plus puissant du monde lancé dans une mission frénétique pour prouver qu'il est le sauveur de l'humanité avant que la catastrophe qu'il a déclenchée ne détruise tout, affiche un score de 40 % sur Rotten Tomatoes et de 46 sur 100 sur Metacritic, reflétant des avis extrêmement contrastés.

La distribution réunit Tom Cruise, John Goodman, Riz Ahmed, Sandra Hüller, Jesse Plemons, Emma D'Arcy, Michael Stuhlbarg, Sophie Wild, Burn Gorman et Robert John Burke. Le film dure 2 heures et 9 minutes. Selon plusieurs critiques, il s'agit d'une satire ambitieuse sur la crise climatique et l'inaction des dirigeants, mais son ton et son exécution laissent une partie de la presse perplexe.

Du côté des avis favorables, Consequence salue un film « audacieux » et une prise de risque majeure pour Tom Cruise, avec une note de 'A-'. La critique estime que « Digger » prouve que même l'acteur ne peut ignorer l'état du monde, et que la satire des dirigeants constitue le plus grand risque de sa carrière, qui paie brillamment. La BBC lui attribue 4 étoiles sur 5, le qualifiant de « folly » que l'on aime ou que l'on déteste, avec probablement plus de personnes dans le camp du rejet. The Telegraph donne également 4 sur 5, comparant le film à un numéro de funambule dont on ne sait jusqu'au dernier moment s'il va réussir ou s'écraser. Associated Press note 3 sur 4 et souligne que ce sont les moments plus calmes et prémonitoires de la performance de Cruise qui marquent durablement. The Playlist accorde un 'B+' et évoque la possibilité inquiétante que l'histoire se termine, que le public applaudisse, et que l'iceberg continue d'avancer vers notre perte collective.

D'autres critiques sont beaucoup plus sévères. Variety, avec 40 sur 100, affirme que le vrai problème est que « Digger » n'est pas drôle : le film est nerveux, provocateur et bizarre, mais il lui manque la finesse de « Dr. Strangelove », dont il emprunte l'architecture apocalyptique sans la subtilité, la remplaçant par un spectacle d'intimidation surdimensionné. The Guardian donne 2 sur 5 et dénonce un film « glib et boursouflé », pris dans un trou postmoderne. Empire Magazine attribue 2 sur 5, reconnaissant des qualités visuelles et un Tom Cruise impliqué, mais estimant que le film n'a pas grand-chose sous la surface et constitue un gaspillage d'une équipe superbe. The Irish Times parle de « ratage bavard » avec 2 sur 5. L'Independent note 4 sur 10 et se demande pourquoi, devant un film qui ne semble pas fonctionner et qui suggère que sa propre existence est peut-être vaine, le cinéaste et le public se sont donné la peine de le faire.

Entre les deux, IGN accorde 6 sur 10 : la satire ne changera pas les opinions sur le réchauffement climatique, mais les performances sont excellentes et il y a quelques rires. Le film vaut le détour en salle pour les abonnés à des formules cinéma, même s'il est loin d'être indispensable. Looper, avec 5,5 sur 10, estime que le public débattra pour savoir si le message final est auto-dérisoire ou auto-congratulateur, mais qu'il est de toute façon trop centré sur lui-même. L'AV Club donne un 'C-' et reproche un manque de profondeur émotionnelle, plus intéressé par le spectacle et les astuces que par le développement des personnages. L'Arizona Republic note 5 sur 10 et doute qu'Iñárritu réussisse ce qu'il vise, tout en reconnaissant ne pas être sûr de ce qu'il vise exactement. Le Los Angeles Times, avec 50 sur 100, parle d'un film sur l'inertie et l'abdication, sans solutions, et d'une méchanceté séduisante et espiègle qui semble vide une fois le générique passé.

Le film repose sur une distribution impressionnante et une conception visuelle ambitieuse. Little White Lies, avec 2 sur 5, souligne que le design de production de Dennis Gassner est peut-être le plus grand atout de « Digger », un labyrinthe de décors de théâtre élaborés qui tournent et se révèlent, cadrés par une photographie délibérément sombre. Cette dimension visuelle et théâtrale est saluée même par les critiques les plus négatives, qui y voient le signe d'un cinéaste travaillant avec des moyens considérables.

Au final, « Digger » apparaît comme un objet cinématographique clivant, qui ne laisse personne indifférent. Entre satire climatique, performances outrancières et ambitions formelles, le film divise la presse autant qu'il interroge sur la capacité du cinéma à traiter de l'urgence écologique sans sombrer dans le spectacle. Les avis très partagés suggèrent que le public devra se faire sa propre opinion, en salle ou sur les plateformes de streaming.

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Laurent Tessier

Auteur

Reporter sport

Laurent Tessier couvre pour Reel Pink l’actualité, la politique, l’économie, la société et la culture. Son travail met l’accent sur la vérification, le contexte et la clarté pour les lecteurs.