La déclaration de Lumière fixe 15 principes pour la gouvernance mondiale du cinéma
Réunis au sommet de Lumière à Saint-Paul-de-Vence, des représentants de pays, d'organisations internationales et de l'industrie ont adopté une déclaration de 15 principes pour encadrer l'avenir du cinéma et de l'image animée, plaçant l'attention du public au cœur des préoccupations.
Des représentants de pays, d'organisations internationales, de l'industrie du cinéma, de la télévision et du jeu vidéo, ainsi que des créateurs, des festivals et des institutions culturelles du monde entier ont adopté lundi la déclaration de Lumière sur l'avenir du cinéma et de l'image animée, lors du sommet de Lumière à Saint-Paul-de-Vence. Présentée conjointement par la France et la République de Corée, cette déclaration énonce quinze principes destinés à guider la gouvernance mondiale du secteur.
Le texte, qui se veut une référence pour les décennies à venir, insiste sur la nécessité de considérer l'attention du public comme « une confiance à honorer, et non une ressource à capter ». Cette formule, reprise dans le document final, traduit une préoccupation majeure des professionnels face aux mutations numériques et aux nouvelles formes de diffusion. La déclaration appelle à une régulation équilibrée qui protège la création tout en garantissant l'accès des spectateurs à une diversité d'œuvres.
Le sommet de Lumière, qui s'est tenu dans le village provençal cher aux frères Lumière, a réuni des acteurs de premier plan de la filière. La coprésidence franco-coréenne du sommet souligne la dimension internationale de cette initiative, qui entend dépasser les clivages entre pays producteurs et pays émergents. Les discussions ont porté sur les défis posés par les plateformes de streaming, l'intelligence artificielle et la concentration des marchés, sans toutefois aboutir à des mesures contraignantes.
La déclaration de Lumière s'inscrit dans la continuité des réflexions menées depuis plusieurs années sur la place du cinéma dans l'espace public. Elle rappelle que le septième art est à la fois une industrie, un art et un vecteur de lien social. Les quinze principes adoptés couvrent des domaines aussi variés que la production, la distribution, la formation des publics, la préservation des archives et la coopération internationale.
Les signataires affirment notamment que la diversité culturelle doit être préservée face aux logiques de standardisation portées par les grands acteurs numériques. Ils appellent également à une meilleure transparence des algorithmes de recommandation, afin que les œuvres ne soient pas uniquement sélectionnées en fonction de leur potentiel commercial. Le texte évoque aussi la nécessité de soutenir les cinématographies nationales et régionales, tout en favorisant les coproductions transfrontalières.
La dimension éthique occupe une place centrale dans la déclaration. Les professionnels réunis à Saint-Paul-de-Vence entendent ainsi répondre aux inquiétudes croissantes concernant la captation de l'attention des spectateurs par des dispositifs conçus pour maximiser le temps de visionnage. En affirmant que cette attention est une confiance, les signataires posent les bases d'une approche plus respectueuse des publics, qu'ils soient spectateurs de salles obscures ou utilisateurs de plateformes en ligne.
Le choix de Saint-Paul-de-Vence n'est pas anodin. La commune des Alpes-Maritimes abrite la fondation Maeght et se trouve à proximité de la villa Lumière, lieu historique de l'invention du cinématographe. Ce cadre symbolique renforce la portée du texte, qui se présente comme un héritage des pionniers du cinéma tout en se projetant vers l'avenir. La déclaration de Lumière devrait être présentée aux instances internationales compétentes, notamment à l'UNESCO, dans les prochains mois.
Si la déclaration n'a pas de force contraignante, elle constitue une étape importante dans la construction d'un cadre commun pour l'industrie mondiale de l'image. Les prochaines éditions du sommet, dont la fréquence n'a pas encore été annoncée, devraient permettre de suivre la mise en œuvre de ces principes et d'approfondir les échanges entre les différentes parties prenantes. En attendant, le texte circule déjà auprès des professionnels et des institutions, qui y voient une base de travail pour les négociations à venir.



