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jeudi 8 octobre 2026

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Le producteur chilien Giancarlo Nasi observe un afflux de cinéastes indépendants américains vers les fonds de coproduction internationaux
Cannes Winning Producer Giancarlo Nasi: U.S. Indie Filmmakers Are Turning to International Co-Production Funds

Culture

Le producteur chilien Giancarlo Nasi observe un afflux de cinéastes indépendants américains vers les fonds de coproduction internationaux

Lors d'une masterclass au Festival international du film de Vancouver, le producteur chilien Giancarlo Nasi a expliqué que les cinéastes indépendants américains se tournent de plus en plus vers les fonds publics de coproduction au Canada, au Mexique, en Amérique latine et en Europe, alors que le financement privé se raréfie.

Les cinéastes indépendants américains se tournent désormais massivement vers les fonds publics internationaux de coproduction, a déclaré le producteur chilien Giancarlo Nasi lors d'une masterclass donnée le 2 octobre au Festival international du film de Vancouver. Selon lui, les réalisateurs et producteurs basés aux États-Unis frappent aujourd'hui à la porte des dispositifs de soutien canadiens, mexicains, latino-américains et européens, une tendance qui bouscule les circuits traditionnels de financement du cinéma indépendant.

Intervenant dans le cadre de la VIFF Industry Masterclass intitulée « Exploring the Art and Strategy of International Co-Productions », Giancarlo Nasi a expliqué que cette évolution découle directement de l'assèchement des financements privés. Là où les producteurs américains pouvaient autrefois compter sur des investisseurs privés, des avances de distributeurs ou des fonds propres, ils doivent désormais assembler des financements publics étrangers pour boucler leurs budgets. Une mutation qui rapproche le modèle indépendant américain de celui qui prévaut depuis longtemps en Europe et en Amérique latine.

Le producteur, dont le travail a été récompensé à Cannes, connaît bien ces mécanismes. Il a bâti sa carrière sur des coproductions internationales impliquant plusieurs pays, notamment le Chili, le Mexique, la France et l'Espagne. Son intervention au VIFF s'inscrivait dans un programme professionnel destiné aux producteurs, réalisateurs et agents de vente cherchant à comprendre comment monter des projets transfrontaliers dans un paysage financier de plus en plus fragmenté.

La masterclass a mis en lumière les ressorts concrets de ces montages : accès aux crédits d'impôt canadiens, aux fonds mexicains et latino-américains, aux aides européennes comme Eurimages ou les fonds régionaux, mais aussi aux dispositifs de soutien à la production en Amérique du Sud. Pour Nasi, la maîtrise de ces outils est devenue une compétence indispensable, y compris pour les cinéastes américains qui, il y a encore quelques années, n'auraient jamais envisagé de dépendre de fonds publics étrangers.

Cette tendance s'inscrit dans un contexte plus large de transformation du financement du cinéma d'auteur. Les plateformes de streaming, qui avaient un temps alimenté une bulle de production, ont réduit leurs investissements dans les projets à risque. Les distributeurs indépendants sont plus prudents, et les ventes internationales ne suffisent plus à garantir la rentabilité d'un film. Résultat : les producteurs doivent multiplier les sources de financement, souvent dans plusieurs pays, avec des exigences administratives et créatives accrues.

Le Festival international du film de Vancouver, qui accueille chaque année une importante délégation de professionnels internationaux, sert de plateforme de réflexion sur ces enjeux. La présence d'un producteur comme Giancarlo Nasi, dont la filmographie inclut des coproductions saluées par la critique, témoigne de l'importance croissante de ces marchés de coproduction dans l'écosystème du cinéma indépendant mondial.

Pour les cinéastes américains, cette évolution implique de repenser leurs méthodes de travail. Il ne s'agit plus seulement de convaincre un investisseur privé ou un studio, mais de naviguer entre des régimes d'aides publiques, des obligations de dépenses sur le territoire et des calendriers de tournage adaptés aux contraintes de chaque fonds. Une complexité qui, paradoxalement, peut ouvrir de nouvelles opportunités créatives et permettre à des projets ambitieux de voir le jour malgré la raréfaction des financements privés.

La masterclass de Giancarlo Nasi au VIFF rappelle que la coproduction internationale n'est plus l'apanage des cinématographies européennes ou latino-américaines. Elle devient une stratégie globale, adoptée par les producteurs indépendants du monde entier, y compris aux États-Unis, pour faire face à un marché en mutation. Une réalité que les professionnels présents à Vancouver ont pu mesurer à l'aune de l'expérience d'un producteur qui a su, lui-même, bâtir des ponts entre les continents.

7Vues

Julie Fontaine

Auteur

Journaliste société

Julie Fontaine couvre pour Reel Pink l’actualité, la politique, l’économie, la société et la culture. Son travail met l’accent sur la vérification, le contexte et la clarté pour les lecteurs.