Palmiers, bains chauds et premières neiges: huit envies d’Europe cet automne
Pas besoin de long-courrier pour changer radicalement de décor: l’UE permet de passer du soleil atlantique aux thermes fumants et aux nuits boréales au fil de l’automne.
En septembre, on veut encore l’été. En octobre, on commence à rêver de pulls, de forêts et de bains chauds. En novembre, la première neige devient soudain une bonne nouvelle. L’Europe a l’avantage de pouvoir répondre à ces trois envies presque en même temps, sans imposer un vol long-courrier ni un budget de voyage exceptionnel.
Les habitudes des Européens vont déjà dans ce sens. Eurostat indique que 92 % des voyages touristiques des résidents de l’Union en 2024 sont restés dans l’UE. Près de 249 millions de personnes âgées de 15 ans ou plus ont effectué au moins un voyage privé avec nuitée. La dépense moyenne était d’environ 303 euros pour un séjour national et de 1 053 euros pour un voyage à l’étranger. Ce sont des moyennes, pas des objectifs à dépenser, mais elles rappellent que quelques jours proches de chez soi et une semaine sur une île ne jouent pas dans la même catégorie.
Première envie: remettre les sandales. Aux Canaries, octobre tourne autour de 26 °C avec environ dix heures de jour; novembre reste proche de 24 °C. Gran Canaria permet de passer des dunes de Maspalomas à des paysages de montagne, tandis que Tenerife associe océan et volcan. Le voyage peut donc rester très visuel sans accumuler les activités payantes.
Deuxième envie: une île verte. Madère est idéale pour ceux qui préfèrent marcher plutôt que bronzer. L’automne y est plus calme que l’été, et septembre-octobre conserve généralement un climat agréable. Les levadas et les forêts occupent la journée; les microclimats, eux, obligent à garder un programme souple. C’est aussi ce qui donne à l’île son caractère.
Troisième envie: entrer dans une carte postale alpine. Dans les Dolomites, les mélèzes jaunissent et les reliefs deviennent particulièrement nets quand l’air se rafraîchit. L’Autriche voisine met en avant fin septembre et octobre pour la randonnée et le vélo, avec moins de fréquentation sur de nombreux itinéraires. Il faut seulement vérifier les horaires saisonniers des remontées mécaniques.
Quatrième envie: se baigner quand il fait froid. À Budapest, les bassins extérieurs de Széchenyi prennent une autre allure sous une lumière automnale. Gellért, en revanche, est fermé pour rénovation jusqu’à une réouverture envisagée en 2028. En Slovénie, les établissements thermaux disposent de bassins intérieurs qui rendent le séjour moins dépendant de la météo.
Cinquième envie: faire du volcan un spa. À Furnas, sur São Miguel aux Açores, les fumerolles et les sources chaudes sont intégrées au paysage. Les eaux de Poça da Dona Beija sont autour de 39 °C. Le contraste entre pluie, végétation sombre et vapeur chaude est précisément ce que l’été ne peut pas offrir.
Sixième envie: voir la mer autrement. Le Bohuslän suédois compte environ 8 000 îles entre Göteborg et la frontière norvégienne. L’automne y est la saison des fruits de mer, avec l’ouverture de la pêche au homard après le 20 septembre. Rochers polis, maisons de pêcheurs, kayak et proximité du Gullmarsfjorden remplacent la plage classique par une côte plus minérale.
Septième envie: apercevoir l’hiver avant les autres. En Laponie finlandaise, les aurores sont possibles dès la fin août, et septembre-octobre compte parmi les périodes actives. Vers la fin octobre, la neige commence souvent à tenir dans le nord. Rien ne garantit une aurore, mais une nuit sombre au milieu des forêts vaut déjà le déplacement.
Huitième envie, enfin: ne pas revenir avec un relevé bancaire douloureux. Le meilleur levier reste la durée. Trois nuits suffisent pour un bain thermal, cinq jours pour une boucle alpine et une semaine rend mieux rentable un vol vers une île. En automne, l’Europe ne propose pas seulement des destinations; elle permet de choisir l’ambiance exacte dont on a besoin.



