« Underworld » : pourquoi ce film d'action gothique fascine encore les amateurs de cinéma
Un débat en ligne relance l'intérêt pour « Underworld », salué pour son engagement total envers son univers fantastique, sans clin d'œil au spectateur. Un modèle de sérieux qui manquerait au cinéma de genre actuel.
Un fil de discussion récent sur la plateforme Reddit a relancé un débat passionnant parmi les amateurs de cinéma de genre : quand a-t-on vu pour la dernière fois un film comme « Underworld » ? La question, posée par un utilisateur, a suscité de nombreuses réactions, toutes centrées sur une qualité devenue rare : la capacité d'un film à s'investir pleinement dans son propre univers, sans jamais prendre ses distances avec son sujet.
Le film de Len Wiseman, sorti en 2003, met en scène une guerre séculaire entre vampires et lycans, des créatures hybrides mi-humaines, mi-loups. Avec Kate Beckinsale dans le rôle de Selene, une « chasseresse de la mort » vêtue de cuir, le long-métrage a imposé une esthétique gothique marquée, entre jeux d'ombres, pluie battante et architecture néo-gothique. Ce qui frappe les spectateurs d'aujourd'hui, c'est l'absence totale de second degré. Le film ne cligne jamais des yeux face à l'absurdité de sa prémisse. Il la prend au sérieux, avec un engagement total, et c'est précisément cette sincérité qui le rend si divertissant.
Les participants au débat soulignent que cette approche contraste avec une tendance récente du cinéma de genre, où l'ironie et l'auto-référence sont souvent privilégiées. Les films semblent parfois vouloir s'excuser d'exister, en multipliant les clins d'œil au public pour signifier qu'ils ne se prennent pas au sérieux. « Underworld », à l'inverse, assume pleinement son postulat : une guerre ancestrale entre créatures surnaturelles, des personnages stylisés, des dialogues solennels et une esthétique soignée. Cette absence de distance critique crée une immersion totale, un sentiment rare qui séduit encore aujourd'hui.
Le débat ne manque pas de citer la franchise « John Wick » comme un héritier possible de cette approche. Les films avec Keanu Reeves partagent en effet cette même gravité, ce même engagement dans un monde où les tueurs à gages obéissent à un code d'honneur strict et où les hôtels servent de zones neutres. Mais les intervenants estiment que « John Wick » reste une exception. Ils regrettent le manque de productions similaires, capables de mêler action spectaculaire, esthétique soignée et refus de l'autodérision.
Le sujet touche à une question plus large sur l'évolution du cinéma de divertissement. À une époque où les franchises multiplient les spin-offs, les reboots et les univers partagés, la sincérité d'un projet comme « Underworld » apparaît comme une valeur refuge. Le film a engendré plusieurs suites, dont « Underworld: Evolution » en 2006, « Underworld: Awakening » en 2012 et « Underworld: Blood Wars » en 2016, ainsi qu'un préquel, « Underworld: Rise of the Lycans » en 2009. Cette longévité témoigne de l'attachement du public à cet univers, malgré des critiques parfois mitigées.
Le débat sur Reddit illustre une nostalgie certaine pour un cinéma de genre qui assume ses codes, sans ironie ni distance. Les participants évoquent avec affection le casting, les costumes, les décors et cette atmosphère unique qui mêle horreur, action et romance gothique. Ils appellent de leurs vœux un retour de ce type de productions, capables de transporter le spectateur dans un monde cohérent et sérieux, même lorsqu'il s'agit de vampires et de loups-garous.
Cette discussion, bien que partie d'un simple fil de discussion, reflète une attente réelle du public pour des films qui osent être pleinement ce qu'ils sont. Dans un paysage cinématographique dominé par les super-héros et les franchises établies, « Underworld » apparaît comme un modèle de ce que pourrait être un divertissement assumé, à la fois spectaculaire et sincère.



