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dimanche 30 août 2026

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« Yesterday » : un plaidoyer pour un film mal compris
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Culture

« Yesterday » : un plaidoyer pour un film mal compris

Le film « Yesterday » (2019) de Danny Boyle mérite-t-il plus de reconnaissance ? Un cinéphile relance le débat en analysant les critiques récurrentes et en défendant la profondeur du scénario, qui dépeint avec justesse les réalités de l'industrie musicale.

Le film « Yesterday » (2019), réalisé par Danny Boyle, continue de diviser les spectateurs. Sur le forum Reddit, un cinéphile a relancé le débat en affirmant que cette comédie musicale mérite plus de louanges qu'elle n'en reçoit. Selon lui, une grande partie des critiques adressées au long-métrage proviendrait d'une mécompréhension de ses intentions ou d'un marketing trompeur.

La critique la plus fréquente concerne le scénario original, qui aurait dû voir le protagoniste, Jack Malik, interpréter les chansons des Beatles sans jamais rencontrer le succès. Cette approche, bien que jugée plus réaliste, aurait été intenable sur la durée d'un film. « Le problème, c'est que le film se terminerait au bout de vingt minutes », explique l'auteur de l'analyse. Il compare cette situation à celle du film « Hancock », dont la seconde moitié est souvent critiquée, sans que personne ne propose de solution concrète pour la réécrire. Écrire un bon scénario reste un exercice complexe, et les scénaristes de « Yesterday » ont dû faire des choix pour maintenir l'intérêt du récit sur près de deux heures.

Une autre critique récurrente suggère que le film aurait dû explorer sérieusement un monde sans les Beatles. L'utilisateur de Reddit estime que cette piste ne fonctionne pas non plus. « Même si les Beatles ont été des pionniers, quelqu'un d'autre aurait probablement fait les mêmes choses un peu plus tard. C'est ainsi que fonctionne le progrès », argumente-t-il. Le film fait d'ailleurs un choix malin en montrant que le succès ne repose pas uniquement sur la qualité des chansons. Jack Malik, interprété par Himesh Patel, abandonne presque après avoir joué « Let It Be » dans un pub. Ce n'est que grâce à une série de hasards — un manager de studio, puis Ed Sheeran qui le remarque à la télévision — qu'il parvient à se faire connaître. Même lors de son concert en première partie d'Ed Sheeran en Russie, Jack manque d'échouer avant de s'adapter à son public en jouant « Back in the USSR ».

Cette mécanique du récit reflète une vérité de l'industrie musicale. « Dans la vraie vie, il existe beaucoup d'artistes talentueux avec de belles chansons, mais la compétition est rude. Il faut être au bon endroit, au bon moment, être remarqué par les bonnes personnes. Il y a toujours des gens moins talentueux qui réussissent parce qu'ils connaissent les bonnes personnes et savent vendre leur matériel », souligne le cinéphile. Le film illustre également la nécessité de s'adapter et de faire des compromis : Jack doit accepter de changer les paroles de « Hey Jude » en « Hey Dude », ou de nommer son album « One Man Only » plutôt que « Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band ». La qualité des chansons ne suffit pas ; la promotion et la vente sont essentielles.

L'analyse souligne enfin la profondeur psychologique du personnage. Jack vit dans l'angoisse que les vrais Beatles réapparaissent et l'accusent de vol. Il souffre de devoir prétendre être un génie de l'écriture, ce qui a des conséquences sur sa santé mentale. Sa relation avec Ellie, une institutrice dans une petite ville anglaise, devient également un obstacle à son succès. Le moment le plus fort du film survient lorsque Jack rencontre un John Lennon âgé de 79 ans dans cet univers parallèle, une scène souvent perçue à tort comme un simple caméo. Pour l'auteur de la publication, « Yesterday » est finalement une œuvre cohérente qui, malgré ses imperfections, mérite d'être redécouverte sous un angle nouveau.

Julie Fontaine

Auteur

Journaliste société

Julie Fontaine couvre pour Reel Pink l’actualité, la politique, l’économie, la société et la culture. Son travail met l’accent sur la vérification, le contexte et la clarté pour les lecteurs.