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samedi 29 août 2026

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À Blois, François Hollande se pose en recours en marge de la primaire socialiste
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Politique

À Blois, François Hollande se pose en recours en marge de la primaire socialiste

L'ancien président, qui refuse de participer à la primaire d'octobre, tente de s'imposer comme une alternative pour 2027. Une stratégie jugée « hasardeuse » par ses opposants socialistes.

François Hollande était à Blois ce week-end pour les journées d'été du Parti socialiste, où il a de nouveau écarté toute participation à la primaire organisée par son camp en octobre. L'ancien chef de l'État cherche plutôt à se positionner comme un recours si ce processus échoue à désigner un candidat crédible pour l'élection présidentielle de 2027.

« Compliqué de changer la donne quand vous êtes un revenant », a-t-il lancé, reconnaissant lui-même la difficulté de sa position. En se tenant à distance du scrutin interne, il espère incarner une alternative si la primaire ne parvient pas à lancer un candidat social-démocrate vers l'Élysée. Cette stratégie, qu'il assume, repose sur l'hypothèse d'un échec du processus interne.

Mais cette approche est loin de faire l'unanimité dans son propre camp. Plusieurs opposants socialistes dénoncent une manœuvre « hasardeuse » et ne croient pas en ses chances. Pour eux, l'ancien président joue un double jeu qui pourrait affaiblir la candidature issue de la primaire plutôt que de renforcer la gauche.

François Ruffin, également présent aux journées d'été du PS, a lui aussi critiqué la primaire choisie par les socialistes, rejoignant sur ce point les réserves de François Hollande, mais sans pour autant s'allier à l'ancien président. Les deux hommes semblent partager une même défiance vis-à-vis du processus, mais leurs trajectoires et leurs ambitions divergent nettement.

De son côté, Jérôme Guedj, député du groupe Socialistes et apparentés, a réagi à la décision de François Hollande en déclarant que « son choix est respectable ». Une formule qui traduit la volonté des cadres du parti de ne pas entrer en conflit ouvert avec l'ancien président, tout en prenant acte de son refus de se soumettre au vote des militants.

La primaire socialiste, prévue pour octobre, doit désigner le candidat du parti pour la présidentielle. Plusieurs figures de la gauche sont pressenties pour y participer, mais la menace d'une candidature hors processus de François Hollande plane sur le scrutin. Si la primaire devait déboucher sur un candidat jugé trop faible dans les sondages, l'ancien président pourrait alors tenter de justifier son retour sur le devant de la scène.

Cette stratégie de l'ombre comporte des risques. En restant en marge, François Hollande s'expose à une perte de crédibilité si le candidat issu de la primaire parvenait à s'imposer durablement dans la campagne. À l'inverse, si le processus interne s'enlisait, il pourrait apparaître comme l'homme de la dernière chance, fort de son expérience de l'Élysée.

Pour l'heure, l'ancien président multiplie les apparitions publiques et les rencontres avec les élus locaux, comme à Blois, pour entretenir son réseau et tester sa popularité. Ses proches assurent qu'il ne prendra une décision définitive qu'après la primaire, en fonction du rapport de forces qui se dessinera.

Les socialistes, eux, tentent de garder le cap sur leur calendrier interne. La primaire d'octobre doit permettre de trancher entre les différentes sensibilités du parti et de proposer un projet aux électeurs de gauche. Mais la question de la place de François Hollande dans ce dispositif reste ouverte et pourrait bien rebattre les cartes à l'approche de l'échéance présidentielle.