Reel Pink

lundi 10 août 2026

Rechercher
La Serbie aide le réseau ukrainien avec 2 millions d’euros de transformateurs
Фото: Ksenia Nevenchenko / UNDP in Ukraine

Monde

La Serbie aide le réseau ukrainien avec 2 millions d’euros de transformateurs

L’aide, décidée en avril, vise un besoin très concret du quotidien ukrainien: des transformateurs haute tension pour rétablir l’électricité dont dépendent logements, eau, écoles, hôpitaux et chauffage.

La nouvelle paraît technique: la Serbie finance pour 2 millions d’euros de transformateurs haute tension destinés à l’Ukraine. Mais derrière ces machines imposantes se trouve une question beaucoup plus simple — comment faire fonctionner une ville quand le réseau électrique est régulièrement endommagé?

L’accord entre le gouvernement serbe et le Programme des Nations unies pour le développement a été signé le 3 avril 2026. Il ne s’agit donc pas d’une annonce nouvelle faite au mois d’août, même si les récentes rencontres entre les dirigeants serbes et ukrainiens ont redonné de la visibilité à la coopération entre les deux pays.

Le financement doit servir à acheter et livrer des transformateurs haute tension dans le cadre du programme de relèvement énergétique vert du PNUD. Leur fonction est centrale: ils permettent de gérer les différents niveaux de tension nécessaires au transport de l’électricité à travers le pays.

Lorsqu’un grand transformateur est détruit, la réparation n’est ni rapide ni simple. Le département américain de l’Énergie explique que ce type d’équipement est coûteux, difficile à transporter, souvent fabriqué sur mesure et peut nécessiter un an ou davantage pour être commandé. Un réseau peut donc rester fragilisé même après d’autres réparations si le bon transformateur n’est pas disponible.

Le PNUD relie directement cette aide aux besoins de la population. Une alimentation électrique stable conditionne la vie des logements, mais aussi le fonctionnement des hôpitaux, des écoles, des réseaux d’eau et du chauffage collectif.

Cette question devient encore plus urgente à l’approche de l’hiver. Le projet a été présenté comme une contribution à la préparation de la prochaine saison de chauffage. Dans un pays où l’énergie est devenue une cible de guerre, le froid transforme chaque panne en problème social plus large.

Les chiffres donnent la mesure du défi. Le PNUD citait en avril une évaluation de 88,2 milliards de dollars de pertes dans le secteur énergétique ukrainien. Environ 17,1 milliards concernaient directement l’électricité, notamment la production et le transport.

L’Europe finance parallèlement des programmes bien plus importants. La Commission européenne a annoncé près de 922 millions d’euros pour l’hiver 2026-2027. En juin, un nouvel appel aux donateurs demandait encore 650 millions d’euros pour répondre aux besoins énergétiques non financés.

Les 2 millions d’euros serbes ne changent donc pas l’échelle nationale. Leur intérêt est ailleurs: ils correspondent à un besoin identifié et peuvent devenir un équipement concret. Dans un système complexe, une petite enveloppe ciblée peut parfois résoudre une contrainte qu’un grand fonds général n’aurait pas traitée aussi directement.

Le quotidien permet de comprendre cette logique. Sans courant, les ascenseurs s’arrêtent, les pompes à eau peuvent cesser de fonctionner, les commerces perdent des heures d’activité, les écoles et les hôpitaux passent sur des solutions de secours. Un transformateur remis en service ne fait pas disparaître la guerre, mais il rend une partie de cette vie quotidienne plus résistante.

La longueur du cycle de production change aussi la manière de regarder la date. Avril peut sembler loin de l’hiver, mais pour un équipement dont l’approvisionnement se compte en mois, l’anticipation est essentielle. La résilience énergétique se construit avant les pannes, pas seulement après elles.

Le geste attire également l’attention parce qu’il vient de Serbie. Belgrade maintient des liens étroits avec la Russie, notamment dans le domaine de l’énergie, et n’a pas adopté les sanctions européennes contre Moscou. Dans le même temps, le pays veut rejoindre l’Union européenne et développe ses relations avec Kiev.

Cette situation crée une diplomatie faite de contrastes. En août, Volodymyr Zelenskyy s’est rendu officiellement en Serbie pour la première fois. Les discussions ont porté sur l’intégration européenne, l’économie, la sécurité et la coopération bilatérale, sans que Belgrade annonce un changement complet de sa politique envers la Russie.

L’accord énergétique d’avril illustre précisément cette nuance. La Serbie peut soutenir la reconstruction civile de l’Ukraine tout en conservant d’autres liens avec Moscou. Pour Kiev, cette coopération partielle reste utile lorsqu’elle produit du matériel concret.

Il faut toutefois éviter une formulation trop large. Le document du PNUD parle de transformateurs haute tension et de restauration de la capacité du réseau, pas d’un vaste programme général de nouvelles capacités de réserve. Cette précision est importante parce qu’elle évite de transformer un projet technique en promesse plus large qu’il ne l’est.

C’est peut-être le meilleur résumé de cette aide: une somme limitée, un objet très précis et un effet potentiel qui se mesure dans la continuité de la vie quotidienne. La vraie nouvelle n’est donc pas seulement que la Serbie donne 2 millions d’euros, mais que ces fonds sont liés à un équipement dont l’absence peut prolonger une panne bien au-delà du moment de l’attaque.