Une drone russe frappe un train près de la Pologne, l'Europe dénonce une tentative d'intimidation
Une drone russe a touché la locomotive d'un train de passagers près de la frontière polonaise. L'UE et l'OTAN dénoncent une tactique d'intimidation de Moscou, mais réaffirment leur soutien à Kiev.
Une drone russe a frappé la locomotive d'un train de passagers circulant vers Varsovie, près de la frontière polonaise, selon les autorités ukrainiennes. L'attaque, survenue dimanche, a suscité une vive réaction des dirigeants européens, qui y voient une tentative délibérée de Moscou d'intimider les soutiens de l'Ukraine.
La compagnie ferroviaire ukrainienne Ukrsalisnyzja a précisé que deux trains spéciaux se trouvaient sur la même ligne au moment de la frappe. À leur bord figuraient notamment l'ancien Premier ministre britannique Boris Johnson et l'ancien directeur de la CIA David Petraeus. « Il est tout à fait concevable que cette drone russe ait également visé le train diplomatique, qui avait quitté la gare plus tôt que prévu en raison d'une adaptation des horaires en temps réel liée au danger permanent des attaques russes », a indiqué la compagnie sur Telegram.
Moscou a revendiqué avoir ciblé des voies ferrées utilisées pour des transports d'armement en provenance d'Europe. Lundi, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a défendu ces frappes près de la frontière polonaise en affirmant qu'il s'agissait de « territoire ukrainien ».
La chef de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, a dénoncé une « tactique d'intimidation » lors d'un sommet européen sur l'Arctique à Rovaniemi, en Finlande. Selon elle, Moscou cherche « très clairement à faire peur aux pays occidentaux pour qu'ils cessent de soutenir l'Ukraine ». Elle a appelé l'Occident à répondre en montrant « que nous sommes là pour l'Ukraine et que nous n'avons pas peur ». À défaut, la Russie atteindrait son objectif : « la répression de l'Ukraine ».
Le secrétaire général de l'OTAN, Mark Rutte, a estimé depuis Bruxelles que la Russie rencontrait « de plus en plus de difficultés » en Ukraine et multipliait « des attaques imprudentes et dangereuses ». Pour lui, la frappe contre le train illustre « le désespoir de Poutine », qui tente de « semer la peur et l'effroi ». Il a toutefois assuré que le soutien des pays de l'OTAN à Kiev était « là » et « ne fait que croître ».
Le chancelier allemand Friedrich Merz a également réagi depuis Rovaniemi, soulignant que « les moments décisifs, peut-être des semaines ou des mois, sont probablement devant nous » pour défendre « la liberté et la paix de notre continent ». Il a appelé les soutiens de l'Ukraine à « rester fermes jusqu'à ce que cette terrible guerre soit terminée ». « Si la Russie réussissait, cela aurait des conséquences imprévisibles et sans précédent pour nous tous, y compris pour l'Allemagne », a-t-il averti, se disant « très déterminé » et refusant de « reculer d'un seul centimètre ». Il a qualifié de « devoir historique » d'aider l'Ukraine à préserver la paix et la liberté en Europe.
Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a pour sa part affirmé que les attaques de dimanche avaient « un objectif clair : intimider les Européens, les décourager et surtout les diviser ». Un porte-parole du Premier ministre britannique a dénoncé « une tentative absurde de la Russie » de « saper notre soutien à l'Ukraine », assurant qu'elle ne « nous dissuadera pas ».
Ces frappes interviennent alors que la Russie intensifie l'usage de drones de type Shahed contre les infrastructures ukrainiennes. Ces appareils, souvent utilisés en essaims, sont devenus un instrument central de la guerre aérienne, selon des analyses récentes. Leur emploi près des frontières de l'OTAN accroît les risques d'escalade et met à l'épreuve la cohésion des alliés.
Malgré la gravité de l'incident, les responsables européens ont affiché leur calme et leur détermination. Ils entendent maintenir leur soutien militaire et financier à Kiev, tout en évitant une confrontation directe avec Moscou. La question de la défense aérienne et de la protection des infrastructures critiques, en Ukraine comme à proximité des pays de l'Est, devrait rester au cœur des discussions dans les semaines à venir.



