Le gouvernement français a gelé vendredi, pour une durée de six mois, les avoirs financiers de la chroniqueuse russe Xenia Fedorova, accusée d’être la voix du Kremlin dans les médias français. Cette mesure intervient après un arrêté ministériel d’expulsion déjà pris à son encontre. L’intéressée dénonce une « pression politique ».
Xenia Fedorova est une figure récurrente du paysage médiatique français. Présentée comme une proche du pouvoir de Vladimir Poutine, elle intervient régulièrement dans des médias proches de la sphère Bolloré. Ses prises de position favorables à Moscou lui valent d’être accusée par de nombreux observateurs de relayer la propagande du Kremlin dans le débat public hexagonal. Sa présence sur les plateaux de télévision et dans les colonnes de journaux a régulièrement suscité la polémique.
La chroniqueuse a réagi sur le réseau social X. Dans un long message publié vendredi, elle dénonce la « censure » de la France et évoque une « pression politique » exercée à son encontre. Elle y présente ces mesures comme une atteinte à la liberté d’expression et une tentative de museler une voix critique. Elle ne précise pas, à ce stade, si elle entend contester ces décisions devant la justice.
Selon des informations rapportées par la presse, Xenia Fedorova a été rémunérée par Russia Today, un média d’État russe décrit comme « un outil de guerre hybride des autorités russes contre les pays européens ». Ce lien est au cœur des suspicions des autorités françaises, qui voient en elle un relais potentiel de la désinformation russe en France.
L’eurodéputée Nathalie Loiseau a rappelé, à cette occasion, que la France est vue par le Kremlin « comme une cible privilégiée en matière de désinformation ». Cette perception justifie, aux yeux du gouvernement, le recours à des mesures administratives rapides contre les personnes soupçonnées de contribuer à ces opérations.
Le gel des avoirs, d’une durée de six mois, est une procédure administrative qui peut être renouvelée. Il prive la chroniqueuse de la libre disposition de ses comptes et de ses biens situés en France. Le montant des sommes concernées n’a pas été communiqué par les services de l’État. Cette mesure s’ajoute à un dispositif déjà lourd, l’arrêté d’expulsion étant intervenu en amont.
La décision suscite des réactions contrastées dans la classe politique française. Elle divise notamment les rangs de l’extrême droite, où certaines personnalités qui apprécient les interventions de Xenia Fedorova s’interrogent sur l’opportunité de la procédure d’expulsion. D’autres, à l’inverse, soutiennent la fermeté du gouvernement face aux ingérences russes. Les clivages observés au sein de l’extrême droite illustrent la complexité des débats sur la Russie dans le paysage politique français.
Cette affaire illustre la détermination des autorités françaises à lutter contre l’ingérence étrangère dans le débat public. Le recours à l’arrêté d’expulsion et au gel des avoirs constitue un signal fort. Le débat porte néanmoins sur la liberté d’expression et sur la frontière entre critique politique et propagande.
L’arrêté d’expulsion, s’il est confirmé, contraindra la chroniqueuse à quitter le territoire français. Le gel de ses avoirs, lui, vise à la priver des moyens financiers lui permettant de poursuivre ses activités. Ces deux mesures sont indépendantes mais complémentaires.
Reste à savoir quelles suites seront données à cette affaire. La mesure court pour une durée de six mois, à l’issue de laquelle le gouvernement pourra décider de la prolonger ou d’y mettre fin. Xenia Fedorova, qui conteste les accusations, n’a pas annoncé pour l’instant d’éventuel recours juridique.



