Le chef cuisinier Jean Imbert, révélé par l'émission « Top Chef », a été transféré au tribunal judiciaire de Paris à l'issue de sa garde à vue. Présenté à un juge d'instruction ce mercredi, il est susceptible d'être mis en examen après les plaintes d'au moins trois de ses anciennes compagnes pour violences conjugales.
La garde à vue du cuisinier, âgé de 45 ans, avait débuté lundi avant d'être prolongée de vingt-quatre heures. Elle a pris fin mardi en début de soirée après environ trente-six heures d'audition. Jean Imbert a ensuite passé la nuit au dépôt du tribunal avant d'être conduit devant la justice, selon la procédure applicable aux gardes à vue levées en vue d'une présentation à un magistrat.
Le parquet de Paris avait ouvert une enquête pour « violences par conjoint ou concubin », confiée au commissariat du XVIe arrondissement. Au printemps, le ministère public s'était refusé à communiquer le nombre et l'identité des plaignantes, afin de préserver leur intimité et les chances de l'enquête. Au moins trois anciennes compagnes du chef ont depuis déposé plainte, parmi lesquelles la comédienne Lila Salet et l'ancienne Miss France Alexandra Rosenfeld.
Dans sa plainte, déposée il y a environ un an, Lila Salet évoque des faits remontant aux années 2012-2013. Elle décrit des gifles récurrentes, « toujours dans un cadre intime, donc sans témoins », et une relation placée sous emprise. Elle affirme qu'elle devait se lever en même temps que lui, l'écouter parler de lui dans sa baignoire et ne pouvait pas sortir seule. La comédienne dénonce également une séquestration de plusieurs heures dans un hôtel de Florence, lors d'un week-end du couple en Italie. Selon son récit, Jean Imbert lui aurait versé du champagne dans les yeux après avoir découvert un SMS envoyé par un ami.
Les avocates du chef, Mes Jacqueline Laffont et Julie Benedetti, contestent ces accusations. Elles indiquent que leur client s'est présenté à son audition avec « de nombreux documents, pièces, autant d'éléments matériels solides qui étayent sa version des faits » et qu'il répond à toutes les questions des enquêteurs. Elles avaient par ailleurs jugé que les faits dénoncés par Lila Salet étaient prescrits et que ses publications sur les réseaux sociaux contredisaient objectivement son récit.
Jean Imbert, ancien vainqueur de « Top Chef », s'est fait connaître du grand public avant de rejoindre les cuisines du Plaza Athénée à Paris, puis celles du Martinez à Cannes, où il a décroché une étoile Michelin. Sa notoriété et la gravité des accusations donnent à cette procédure un retentissement particulier dans le milieu de la gastronomie, déjà marqué par plusieurs affaires de violences et de comportements abusifs.
La justice doit maintenant déterminer si les éléments réunis justifient une mise en examen. L'audience de ce mercredi devant le juge d'instruction doit préciser le cadre de la procédure, alors que la défense conteste la recevabilité d'une partie des accusations au regard de la prescription.
Cette affaire illustre une nouvelle fois les difficultés de la justice face aux violences conjugales, souvent commises sans témoin et dans un contexte d'emprise. Les associations de soutien aux victimes soulignent régulièrement que la libération de la parole a permis de faire émerger des témoignages longtemps restés tus. L'évolution de ce dossier sera suivie de près, tant par les professionnels de la restauration que par le grand public.



