L'accord de Meta fait pression sur YouTube et TikTok pour renforcer la protection des mineurs
Meta a conclu un accord de 16,68 milliards de dollars avec plusieurs États américains pour répondre aux accusations d'addiction de ses plateformes chez les mineurs. Cet accord, qui prévoit des restrictions d'usage, pourrait s'étendre à YouTube et TikTok si ces plateformes adoptent des mesures similaires.
L'accord conclu par Meta pour mettre fin aux poursuites de plusieurs États américains concernant le caractère addictif de Facebook et Instagram auprès des mineurs accentue la pression sur YouTube et TikTok pour qu'ils renforcent leurs mesures de protection des plus jeunes utilisateurs. Le géant des réseaux sociaux s'est engagé à verser 16,68 milliards de dollars, soit environ 14,31 milliards d'euros, et à mettre en place une série de dispositifs destinés à protéger les adolescents âgés de treize à dix-sept ans ainsi que les enfants de moins de treize ans.
Cet accord, qui doit encore être approuvé par un tribunal fédéral d'Oakland en Californie, a été annoncé alors que se déroulait la deuxième semaine du procès intenté contre l'entreprise fondée par Mark Zuckerberg. Le procureur général de Californie, Rob Bonta, qui a mené les poursuites, a expliqué lors d'une conférence de presse que les conditions de cet accord pourraient devenir plus strictes si d'autres entreprises technologiques, comme Google, propriétaire de YouTube, et ByteDance, qui opère TikTok, adoptaient également des limites d'utilisation quotidienne, des modes nocturnes restreints et des mesures de vérification de l'âge.
À titre d'exemple, la limite d'utilisation convenue pour les adolescents sur les plateformes de Meta est fixée à deux heures par jour. Toutefois, si d'autres acteurs de l'industrie prennent des engagements similaires, cette restriction pourrait être durcie jusqu'à une heure quotidienne. « C'est notre espoir : obtenir ces protections renforcées et des engagements plus significatifs de la part de Meta, à condition que nous parvenions à des accords avec d'autres acteurs de l'industrie », a insisté le procureur, qui a souligné que la Californie et d'autres États maintiennent des poursuites en cours contre TikTok et Snap.
Le montant du paiement est également conditionné à l'adoption de restrictions par d'autres entreprises. Meta versera au moins 12,1 milliards de dollars sur une période de dix ans pour résoudre les plaintes des États. Les 5,3 milliards de dollars restants seront débloqués après la conclusion de futurs accords avec d'autres sociétés de médias sociaux. La plainte contre Meta alléguait que l'entreprise avait conçu ses réseaux sociaux pour générer une addiction chez les mineurs, trompait le public sur les dangers de ses plateformes, ignorait les dommages causés à la santé mentale et physique des jeunes et violait la loi sur la protection de la vie privée des enfants en ligne (COPPA) en collectant des données sur les mineurs.
La Californie, le Colorado, le Kentucky et le New Jersey accusaient également Meta de violer les lois étatiques sur la protection des consommateurs. « C'est un problème qui touche toute l'industrie. Meta en fait partie et c'est un acteur important, mais il existe un écosystème beaucoup plus large ; nous ne serons pas satisfaits tant que nous n'aurons pas traité tous les problèmes de tout le secteur », a déclaré Rob Bonta. Le procureur, qui espère obtenir des engagements de l'ensemble de l'industrie, a assuré que les efforts se concentreraient désormais sur TikTok et Snap, mais que YouTube le « préoccupait également beaucoup ».
Cet accord marque une étape significative dans la régulation des réseaux sociaux aux États-Unis. Il intervient dans un contexte de prise de conscience croissante des effets néfastes de ces plateformes sur la santé mentale des adolescents. Les mesures annoncées par Meta pourraient servir de modèle à l'ensemble du secteur, même si les modalités précises de leur mise en œuvre restent à définir. L'issue des négociations avec les autres plateformes déterminera si ces protections seront étendues à l'ensemble de l'écosystème numérique.


